© ludovic hadjeras
Résidence de recherche
ludovic hadjeras accorde une attention particulière aux présences d'autres animaux, cherchant le contact, voire une forme de collaboration. Différentes figures hybrides, entre humaines et animales, peuplent son travail, empruntant les voies d'une médiation inter-espèce. Ses récits de rencontres avec oiseaux, renards, papillons de nuit… prennent forme aux travers de sculptures, vidéos, installations et écrits.
Entretien avec ludovic hadjeras
F comme ?
F comme forêt. J’ai toujours eu une attirance pour ces espaces qui abritent plein d’autres espèces, où on ne se sent pas tout à fait à sa place en tant qu’humain, mais qui sont toujours une source d’émerveillement pour moi.
Quelle est la genèse du projet ?
Je suis entré dans ce projet par la porte des loups. Ils ont été les premiers à m’accompagner dans des questions non-humaines, de changements de perspective, d’hybridation. Et en fait, assez naturellement, qui dit loup dit mouton: si l’on se pose la question de notre rapport aux loups, alors la question va se poser avec les moutons.
Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
C’est Marie de Gaulejac qui m’a invité au 3 bis f pour ce projet. J’aime l’idée de travailler dans le bassin Aixois parce qu’il est aussi une terre de transhumance, en tous cas il s’en trouve sur son passage, notamment par sa proximité avec la Durance. Et puis le contexte du 3 bis f, son histoire, son jardin, en font un lieu idéal pour développer un questionnement sur les identités, sur notre rapport aux autres.
Comment travailles-tu ?
J’ai l’habitude de diviser mon espace et mon temps de travail en deux, avec une partie de « terrain » et une phase d’atelier. Souvent je pars à la rencontre de mon environnement pour ensuite fabriquer, presque dans une perspective d’interagir avec ce qui m’entoure. Il n’est pas rare que ce que je souhaite produire fasse appel à des savoirs-faire que je ne maîtrise pas, ce qui me permet de créer du lien avec d’autres.
Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Je ne sais pas trop répondre à cette question je crois. Ma propre folie, si l’on peut dire qu’on est tous·te·s fou·lle·s, je l’accepte plutôt bien. J’aime assez l’idée qu’être fou c’est être en décalage avec la norme. Et si nous les sommes tous·te·s, alors qu’est-ce que la norme?
Ta voix planétaire ?
C’est pas une planète, mais je suis très attaché à la lune. Pour plein de raisons, mais peut-être principalement parce que je ne me lasserai jamais de l’observer, quelle que soit sa forme.
Partenaires
Une résidence de recherche dans le cadre du programme Cirva émergence, en partenariat avec le Cirva.
ludovic hadjeras - construction des ponts
vendredis 20 février, 20 mars et 5 juin à 10h30
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