Mohammed Laouli vit entre Marseille, Stuttgart et Rabat. Il centre sa démarche artistique sur l'exploration des dynamiques sociales, privilégiant les interventions en espace public. Adoptant une posture introspective et critique, il analyse les mécanismes de pouvoir et les structures socioculturelles, remettant en question les représentations hégémoniques. Sa pratique multidisciplinaire (vidéo, sculpture, photographie, dessin, peinture) vise à élucider les tensions des expériences individuelles et collectives. Il porte une attention particulière aux phénomènes d'exil et d'exclusion sociale.
ENTRETIEN
F comme ?
comme Force. Force à toutes celles et ceux qui luttent pour rendre ce monde habitable.
Quelle est la genèse du projet ?
Le projet que je déploie actuellement se nourrit de multiples références et contextes politiques liés aux mécanismes de domination, aux représentations hégémoniques, ainsi qu'aux notions de perte, d'injustice spatiale et d'aliénation.
Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
L’invitation du 3 bis f est intervenue à un moment crucial de transition dans ma démarche artistique. Cette résidence est conçue comme un espace-temps pour réfléchir et structurer mon projet. Les trois sessions présentées au 3 bis f ont pris la forme d'une expérience immersive et polyphonique. J’y ai partagé des sons utilisés à la fois comme outils de soin et comme vecteurs de lutte contre les traumatismes causés par le colonialisme, le patriarcat et le capitalisme.
Comment travailles-tu ?
Mon travail naît souvent d’une observation prolongée de l’espace public, envisagé comme un laboratoire où s’entremêlent passé, présent et futur. Le dessin, la photographie, la vidéo et l'usage d'objets trouvés donnent forme à mes recherches. Mes déplacements entre Salé (Maroc), Marseille et Stuttgart nourrissent la complexité d'une œuvre aux strates de lecture multiples, interrogeant l'impact du passé colonial sur le présent et soulevant la question de l'avenir — ou de son absence.
Comment cohabites-tu avec ta folie ?
J'ai grandi dans un milieu précaire, marqué par les traumatismes du passé et la marginalisation actuelle. Dans ces contextes, la folie devient une stratégie de survie et une forme de résistance face à la violence du réel.
Ta voix planétaire ?
Ma voix planétaire est un appel à décoloniser les esprits, à nous reconnecter à nous-mêmes, à notre Terre et au reste de l’univers.
C’est une invitation à guérir les blessures de notre histoire commune, pour construire un vivre-ensemble harmonieux au service des générations futures.
Une harmonie créative, essentielle à chacune et chacun d’entre nous, pour vivre dignement et pleinement notre humanité.