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Cette saison

Lagwiyann I Focus avec la jeunesse guyanaise

14 février à 15h  
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©La Zouze

Le samedi 14 février 2026,  le 3 bis f propose un focus sur la jeunesse guyanaise en trois temps : la représentation d’Héritages par la jeune troupe de Kourou avec le regard extérieur de Lucie Berelowitsch, une conversation à partir des points de vue des jeunes guyanaises et guyanais et la projection du film SLM, Chroniques d’une jeunesse lointaine de Christophe Haleb (chorégraphe et cinéaste).


Le 3 bis f initie cette saison un programme d'accompagnement d’artiste issu.e de territoire "ultra-marin" : accueil en résidence et coproduction dans le cadre du projet « Hybrider l’art au soin et à la citoyenneté »  avec le soutien de la Fondation de France. « Ultra-marin » : le terme demande d’emblée à être réinterrogé du fait de la grande diversité et hétérogénéité culturelle, économique et socio-écologique des territoires concernés mais dont le point commun est d’avoir connu l’esclavage, la colonisation puis une intégration républicaine tardive, engendrant des retards infrastructurels et des déséquilibres de politiques publiques à rattraper, combler, réparer.


Les pratiques de coopération artistiques et culturelles avec les territoires dit ultra-marins ont vocation à relier artistes, habitants et habitantes de ces territoires avec l'hexagone, tout en s’inscrivant dans les dynamiques interrogeant les héritages, le passé colonial et comment il se perpétue, les enjeux contemporains dont les jeunes artistes sont les porte-voix, qu’elles soient afro-caribéennes, du plateau des Guyane, de l’Océan Indien, de Polynésie… Dans un contexte de crises systémiques et de vulnérabilité, les cosmopolitiques du vivant et modèles de société autochtones sont autant de savoirs essentiels pour « savoir s’adapter » pour citer les mots d’Ailton Krenak, philosophe et référence incontournable de la résistance indigène brésilienne.1



 SAMEDI 14 FÉVRIER 2026


15H – THÉÂTRE
Héritages avec les jeunes en parcours Théâtre au Théâtre de l’Entonnoir à Kourou : Louise Commode,  Noémie Driancourt, Quency Josile, Chloé Lelay,  Kylann Monlouis, Valentine Nunes Cardoso, Loraina Sibe, Lindriana Tooi

Le 3 bis f accueille huit adolescent.e.s et jeunes adultes de 15 à 25 ans, troupe du Théâtre de l’Entonnoir, dirigé par Isabelle Niveau, avec le regard extérieur de la metteuse en scène Lucie Bérélowtisch, dans le cadre d’un parcours de rencontres, d’accompagnement artistique, de Masterclasses en Hexagone, faisant suite aux Rencontres artistiques itinérantes organisées par l’ONDA Office National de Diffusion Artistique en Guyane au printemps 2025. La troupe de l’Entonnoir recrée au 3 bis f la pièce Héritages.
La troupe poursuivra son parcours dans l’Hexagone à l’École supérieure du Théâtre de l’Union à Limoges puis à Paris.

 


16H – CONVERSATION


À l’issue de la représentation d’Héritages, une conversation entre les jeunes de la Troupe de l’Entonnoir et Isabelle Niveau, directrice du Théâtre, Christophe Haleb, chorégraphe et cinéaste et David Redon, conseiller au ministère de la culture et acteur des politiques culturelles pendant 17 ans en Guyane, et Lucie Berelowitsch.

 

17H – PROJECTION
SLM, Chroniques d’une jeunesse lointaine réalisé par Christophe Haleb (1h20) - 2025. Film sélectionné au FIFAC, Festival International du Film Documentaire Amazonie Caraïbes


En Guyane française, la moitié de la population a moins de 20 ans. Au fil de son enquête au nord-ouest de ce territoire, Christophe Haleb a rencontré une jeunesse résolument multiculturelle et diverse. Il a partagé de longues conversations et arpenté ses lieux d'attache et ses cadres d'apprentissage qui lui sont propres. Ce film propose un portrait polyphonique et lucide restituant ses manières poétiques et complexes d'être au monde. 


Un film de Christophe Haleb
Image Evan Rouillard
Montage et co-écriture Benedicte Cazauran
Assistant réalisation et prise de son Thomas Sady
Etalonnage Matthieu Weil
Mixage et Musique Benoist Bouvot
Musiques additionnelles : Contredanse - Fragile Fatal musiques paysannes d’Haïti, Bloublou - T2i Freestyle Lova Jah, Dearest - Johnny Clark and Hortense Ellis,
Freestyle CKO - Bamby Tribal Kush
Traduction Romario Doekoe
Administration, production et diffusion Géraldine Humeau et Nicolas Beck
Avec la participation et l'engagement des nombreux jeunes rencontrés à Saint-Laurent-du-Maroni, à Mana, à l'Acarouany, à Javouhey et sur l'île Portal 


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Isabelle Niveau est directrice du Théâtre de l’Entonnoir, scène conventionnée à Kourou en Guyane.


La Troupe des jeunes de l’Entonnoir est une plateforme créée en 2001 par le Théâtre de l’Entonnoir pour permettre à des jeunes, qui ont découvert le théâtre à travers ses projets, d’approfondir leur pratique et de poursuivre l’aventure artistique. Encadré·e·s par des professionnel·le·s, ces jeunes artistes développent un langage qui leur est propre. Ils s’emparent de la scène pour dire, questionner, rêver, revendiquer. À travers le théâtre, la danse, le chant et l’écriture, ils et elles explorent des thématiques ancrées dans le quotidien : l’identité, la mémoire, les luttes sociales, l’amour, la liberté et les rêves d’avenir. Leur travail, à la fois exigeant et généreux, puise dans la diversité de leurs parcours et la richesse des territoires qu’iels habitent. Cette troupe, c’est un pari sur la jeunesse, sur le pouvoir de l’art, et sur la nécessité de créer ensemble pour bâtir un monde plus juste, plus sensible, plus vivant.


Christophe Haleb est chorégraphe et directeur artistique de la compagnie La Zouze à Marseille.
Après avoir été interprète dans les années 80 dans différentes compagnies de danse contemporaine en France et à l’étranger, Christophe Haleb démarre son travail de chorégraphe en créant sa compagnie en 1993. Depuis il écrit et réalise de nombreux projets pluridisciplinaires et cinématographiques, interrogeant l’espace, le mouvement, l’image, le récit et le corps sensible. En 2012, il migre vers le champ du cinéma, en particulier le documentaire de création. En 2023, son premier long-métrage Las Maravillas tourné à Cuba est sélectionné dans la catégorie écrans parallèles du FIFAC.


David Redon est historien de formation et acteur des politiques culturelles, artistiques, mémorielles et patrimoniales en Guyane (2001 à 2018). Après des études en histoire moderne sur l'esclavage et l'évangélisation aux Antilles françaises, il entame un doctorat en histoire environnementale et postcoloniale sur le centre spatial guyanais et la ville nouvelle de Kourou. De 2013 à aujourd’hui, il a été d’abord conseiller des musées et des arts visuels en Guyane, puis conseiller à l’action culturelle et territoriale en Nouvelle-Aquitaine au sein du ministère de la Culture.

 
 
 


Le programme JEUNESSE ULTRA-MARINE EN CRÉATION du 3 bis f reçoit le soutien de la Fondation de France dans le cadre du dispositif Culture & Création et le soutien du FEAC - Fonds d’Aide aux Échanges Artistiques et Culturels pour les Outre-mer. Ce programme de soutien aux artistes, outre l’accueil et l’accompagnement du 3 bis f, vise également à favoriser les liens entre les artistes ultra-marins accueilli.e.s et les structures culturelles du territoire en région Sud. Cette saison, le 3 bis f accompagne la création ExtraVAGANTE de la metteuse en scène Matilda Pierre (Guyane), en partenariat avec le Théâtre Antoine Vitez à Aix-en-Provence, le Préau CDN de Vire, le Bureau du Théâtre et de la Danse à Berlin – Institut français, le Carreau du Temple à Paris et la Paillette à Rennes.


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1 Les peuples autochtones d’Amérique du Sud ont connu une forme de fin du monde au XVIe siècle après l’invasion de leurs terres par les Européens. Ailton Krenak, figure éminente des luttes autochtones du Brésil, se demande en quoi cet héritage ne pourrait pas fournir un regard averti pour affronter les conséquences du nouveau régime climatique de l’Anthropocène. Cette parole, véritable anthropologie inversée, propose un renversement de perspectives : avec la mutation en cours des conditions du maintien de la vie sur Terre, ne serait-ce pas l’humanité organisée sur les fondements de la modernité dont il serait plus à craindre qu’elle soit démunie des facultés d’adaptation requises ? Tout compte fait, ne serait-ce pas plutôt les peuples autochtones, par leurs ancestrales stratégies de résistance, qui pourraient indiquer une voie susceptible de retarder l’avancée « du désert et de la dévastation » engendrée par le surdéveloppement technocapitaliste ?