Montrez moi quelque chose que je n’ai jamais vu
MARIE ILSE BOURLANGES & ELENA KHURTOVA
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Arts visuelsExposition

MARIE ILSE BOURLANGES & ELENA KHURTOVADISPLACE

EXPOSITION
5 SEPTEMBRE - 17 OCTOBRE 2020

VERNISSAGE BRUNCH
SAMEDI 5 SEPTEMBRE 2020 DE 11H À 13H

PERFORMANCES
SAMEDI 5 SEPTEMBRE À 13H
VENDREDI 18 SEPTEMBRE À 15H
SAMEDI 17 OCTOBRE À 16H

EXPOSITION | 5 septembre - 17 octobre 2020

VERNISSAGE BRUNCH
samedi 5 septembre 2020 de 11h à 13h

PERFORMANCES
samedi 5 septembre à 13h
vendredi 18 septembre à 15h
samedi 19 septembre à 18h30
samedi 17 octobre à 16h


Traversant les motifs du déplacement et de la disparition, Marie Ilse Bourlanges et Elena Khurtova développent, pour cette exposition, un opéra plastique qui réunit récit et matière.
En suivant le protocole des archives hospitalières, Khurtova & Bourlanges retracent l’histoire manquante de Ilse, allemande internée de force à Marseille dans les années 1950. Par le texte et la parole se recompose le récit d’une présence silencieuse que le duo transpose en un paysage versatile et vulnérable. Cette partition vocale et visuelle trouve un contrepoint tangible avec la terre, puissante évocation de l’identité, de la marchandisation et du territoire.Explorant les qualités narratives et transitoires de la terre – depuis la poignée de terre protectrice prélevée jusqu’aux déplacements de sol réalisés lors de travaux d’excavation – la matière devient compagne, écho ou allégorie d’un destin particulier. Une réflexion sur la fragilité des conditions humaines et environnementales induites par les migrations inhérentes à un territoire ouvert
sur la Méditerranée.


Cette exposition est réalisée dans le cadre de Manifesta 13 Marseille Les Parallèles du Sud. Avec le soutien de la Région Sud, du Mondriaan Fonds et de Stichting Stokroos.


Les expositions sont ouvertes du mardi au samedi de 14h à 18h & rdv.
Entrée libre.


ENTRETIEN
Marie Ilse Bourlanges & Elena Khurtova

Résidence de création – Arts visuels – Janvier > Septembre 2020

Poids ?
Nous parlons souvent du poids de notre travail : des kilos de matières à déplacer d’un endroit à un autre… Nous avions créé une installation in situ intitulée 1000 bricks / 1 ton of clay qui consistait en un mur fait de briques en argile crue exposé à l’eau : l’œuvre était donc en perpétuelle transformation. Au bout de 6 heures les briques d’argile étaient saturées d’eau et la structure s’est effondrée. Nous avons collecté cette argile, nous l’avons gardée, et cela fait des années que nous la transportons d’un endroit à un autre en la faisant réapparaître dans nos travaux. Garder et transporter cette large ressource d’argile peut s’avérer compliqué, mais c’est devenu le fondement de notre processus de travail. Nous avons entamé un nouveau processus dans lequel la matière première reste la même mais sa forme change. Ainsi l’argile porte en elle le souvenir de l’histoire chaque projet.

Quelle est la genèse du projet ?
MI : Tout part d’un projet précédent intitulé The Sky is on the earth (Le ciel est sur terre) que nous avons mené de 2014 à 2019 à partir d’archives que j’ai hérité de mon grand-père, contenant d’étranges connexions entre la terre et les étoiles. A première vue cette histoire nous semblait obscure. Puis, en fouillant dans les archives, l’idée de travailler à partir de ces recherches ésotériques de relations entre le paysage, le ciel et les étoiles, qui représentaient le travail de toute la vie d’un homme, s’est révélée très inspirante.
E : Tout en travaillant sur les recherches de Jacques Bourlanges nous avons voyagé afin de ressentir nous mêmes les connexions qu’il établit dans sa théorie. Nous avons parcouru les 7 points entre Marseille et Cannes, supposément une projection de la constellation de la Grande Ourse, en récoltant un peu de terre à chaque emplacement. Ce fut le commencement de notre propre interprétation des théories de Jacques, afin de les transformer en une expérience tangible. Ma sensibilité à la terre m’a poussé à chercher des interactions spécifiques avec cette terre en passant d’une échelle personnelle à une échelle d’excavation plus large, à la fois environnementale et industrielle.
MI : Nous avons réalisé deux publications à partir de ce travail : Raise et Sans réponse. Dans Sans réponse je cherche à établir une connexion avec Jacques, qui était mon grand-père mais également un étranger pour moi. Au cours de cette quête j’ai ressenti un très grand déséquilibre entre cet homme qui a généré une immense quantité d’archives et une femme qui semble avoir disparu totalement de ma famille : ma grand-mère Ilse. Le désir de réhabiliter cette femme fut pour moi le point de départ de mon travail actuel.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Quand nous avons eu connaissance du 3bisf, sa relation avec la psychiatrie fut le déclic pour développer un nouveau projet. Les qualités historiques et la mémoire de l’espace résonnaient avec les notions de déplacement et de fragilité de l’esprit avec lesquelles nous voulions travailler. Nous avions également toujours ressenti le besoin de transporter le projet the Sky is on the Earth jusqu’à l’endroit d’où il était originaire : la région entre Marseille et Cannes. Nous avions cette idée en tête et quand Manifesta 13 a annoncé se dérouler à Marseille, ce fut un moteur en plus afin de développer ce nouveau travail dans le contexte du 3 bis f.

Comment travaillez-vous ?
Nous avons commencé à travailler ensemble il y a dix ans, d’abord comme amies s’aidant mutuellement dans nos études, puis dans le cadre d’un travail en duo. Ce qui nous a réuni était notre sensibilité pour la matérialité, la mémoire, ainsi qu’une attention particulière au contexte. Actuellement nous explorons de nouvelles modalités d’échange et de dialogue, en nous dirigeant vers des pratiques plus individuelles.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
MIB : La folie est présente dans mon histoire familiale, ma grand-mère a été placée dans l’hôpital psychiatrique de la Timone des années 1950 jusqu’à sa mort en 1983 ; on ne parlait pas d’elle dans ma famille et pourtant je porte son nom. En tant qu’artiste je suis heureuse de pouvoir traduire les recherches que je mène à ce sujet d’une manière constructive et créative. C’est un lien avec ma famille, ma vie personnelle mais ça ne parle pas que de moi, c’est une question plus universelle qui me permet de garder un contact avec ma folie.
Je pense que je suis artiste aussi pour cela, pour me connecter à cette part de mon histoire, tout en l’inscrivant dans un contexte plus large.
EK : C’est très lié à cette question de la fragilité qui a toujours été importante dans notre travail.
MIB : C’est intéressant car cette dualité - une chose fragile qui possède une force intérieure - est une question que nous explorons à travers les matériaux depuis le début de notre pratique.

Ton jardin préféré ? Your favorite garden ?
MIB : Le jardin du 3 bis f ! J’aime ce jardin, je vais y chercher tous les jours de la verveine et j’y ai commencé un compost. Je n’ai jamais eu de jardin, c’est un bonheur quotidien.
EK : Je dirais que les jardins imaginaires sont très importants pour moi, un lieu parfait pour être en paix.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
MIB : C’est drôle et étonnant car j’ai un travail en cours qui s’intitule ‘Kiss me on my Eyeball’ (Embrasse-moi sur mon globe oculaire). Il s’agit d’une tentative de poésie érotique que je relie à un ancien amant.
EK : Pour moi la question des langues se raccorde au langage : la sensation de “chatouillement” peut être créée quand quelqu’un parle de manière “scintillante”.

A quelle question répondrais-tu « À vous de voir » ?
EK : Dans notre processus de travail il y a des moments où nous avons besoin de nous dire à l’une ou l’autre “c’est à toi de voir”, mais l’expression française utilisant ce terme du “regard” est intéressante pour nous dans le contexte de l’art visuel.
Marie Ilse : Nous changeons actuellement notre méthodologie afin de pouvoir travailler de façon plus individuelle au lieu de toujours être à l’unisson. Ainsi nous nous laissons plus de liberté et d’autonomie, ce qui enrichit notre dialogue. Le prochain projet Displace sera révélateur de cette nouvelle autonomie.


Sites des artistes
Marie Ilse Bourlanges
Elena Khurtova


Photographie © Jessie Yingying Gong

DISNOVATION.ORG
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Arts visuelsExposition

DISNOVATION.ORGPOST-GROWTH

EXPOSITION
DU 14 NOVEMBRE 2020 AU 16 JANVIER 2021

VERNISSAGE - BRUNCH
SAMEDI 14 NOVEMBRE DE 11H À 13H

PERFORMANCE-TOURNAGE
VENDREDI 15 JANVIER À 18H

SESSIONS
LES MERCREDIS 14, 21 OCTOBRE ET VENDREDI 20 ET SAMEDI 21 NOVEMBRE DE 14H À 16H.

EXPOSITION
du 14 novembre 2020 au 16 janvier 2021

VERNISSAGE - BRUNCH
samedi 14 novembre de 11h à 13h

PERFORMANCE-TOURNAGE
vendredi 15 janvier à 18h

SESSIONS
Les mercredis 14, 21 octobre et vendredi 20 et samedi 21 novembre de 14h à 16h.


Quelles composantes idéologiques, sociales et biophysiques ont précipité les crises environnementales actuelles ? De quels leviers disposons-nous afin de transformer les pratiques et les imaginaires pour se défaire de la croissance continue de nos empreintes énergétiques ?

L’exposition Post Growth invite à explorer des voies alternatives et à appréhender les conséquences radicales d’un modèle économique spéculatif fondé sur l’énergie émise par le Soleil.

Cette exposition se penche en particulier sur les perspectives de sortie des énergies fossiles dont dépend la gigantesque machine de production qui sous-tend nos sociétés. La série d’oeuvres présentée propose ainsi d’envisager un métabolisme social en reconnection avec les réalités vivantes, énergétiques et matérielles de la biosphère, en s’inspirant notamment de notions issues de l’éco-féminisme, des connaissances autochtones, de la comptabilité environnementale et du hacking.


DISNOVATION.ORG avec Baruch Gottlieb, Clémence Seurat, Julien Maudet & Pauline Briand


Une exposition imaginée et produite par le 3 bis f et CHRONIQUES - Biennale des Imaginaires Numériques.


Les expositions sont ouvertes du mardi au samedi de 14h à 18h & rdv.
Le 3 bis f est fermé du 20 décembre au 3 janvier.
Entrée libre.


ENTRETIEN
Nicolas Maigret et Maria Roszkowska

Résidence de création – Arts visuels – octobre, novembre 2020

Poids ?
De nombreux champs de la recherche scientifique produisent des connaissances dans le domaine environnemental. Comment les rendre activable, appropriable par tous : c’est une limite de la communauté scientifique. En tant qu’artistes, nous avons un poids, un rôle à jouer dans cette circulation : on contribue à produire de nouveaux récits, de nouveaux imaginaires à partir de concepts. On peut les manipuler, les fluidifier.

Quelle est la genèse du projet ?
Comme beaucoup de gens, nous sommes de plus en plus préoccupés face aux différentes crises environnementales. C’est un enjeu majeur pour nos sociétés actuelles : identifier les moteurs, les lignes de force de ces différentes crises enchevêtrées dont le fil directeur est l’idéologie, la foi indétrônable en la croissance économique. On a eu envie d’explorer cette articulation, de donner des éléments de compréhension et de décryptage de ces crises à travers la déconstruction de cette épine dorsale qu’est la croissance économique. Formuler des récits de transition pour une transformation de la société.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Parce que nous avons été choisis par la Biennale Chroniques pour le développement du projet. Nous ne connaissions pas le 3 bis f et sommes ravis de le découvrir : il sera très intéressant de l’y déployer.

Comment travaillez-vous ?
Nous partons bien souvent de sujets qui nous interrogent, nous préoccupent et nous animent, en les articulant de manière névralgique avec les changements de société qui sont en cours. En tant qu’artistes, nous pouvons créer des interfaces qui permettent d’envisager ces problématiques qui ne sont pas assez diffusées dans l’espace médiatique autrement, en créant des situations ou des objets, autant de nœuds improbables issus de ces zones de friction. Notre méthode de recherche s’apparente plus ou moins à celle de la recherche académique : on travaille avec un corpus assez vaste qui ne produit pas de forme plastique tout de suite. Les choix esthétiques émergent du sujet lui-même. Le travail est façonné par la qualité du sujet interrogé.

Comment cohabitez-vous avec votre folie ?
Plus ou moins bien ! Nous travaillons en équipe et réunissons des perspectives différentes, de manière à appréhender toute la complexité d’un sujet. Il y a toujours une forme de folie, des irrégularités, une certaine déviance par rapport à la norme. On cohabite avec ces forces.

Votre jardin préféré ?
Le Jardin des plantes à Paris où il nous arrive de faire des réunions, un peu comme dans le jardin du 3 bis f.

Quelle langue voudriez-vous chatouiller avec tes cils ?
Une langue faite d’idéogrammes, pour sa capacité à mettre en relation des formes et des idées et penser le monde en images.

A quelle question répondriez-vous « À vous de voir » ?
À quoi ressemblera votre exposition au 3 bis f ?


site du collectif


© Disnovation.org

COME DI MEGLIO | TransitionSPACE
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Arts visuels

COME DI MEGLIO | TransitionSPACE

SESSIONS
29 SEPTEMBRE - 20 OCTOBRE - 10, 24 NOVEMBRE - 1, 8 DÉCEMBRE - 19, 26 JANVIER - 2, 9 FÉVRIER

SESSIONS
29 septembre - 20 octobre - 10, 24 novembre - 1, 8 décembre - 19, 26 janvier - 2, 9 février


Résidence de recherche – Arts visuels : septembre 2020 à février 2021


Côme Di Meglio développe une pratique relationnelle. Il crée des espaces et des expériences collectives pour susciter un état de présence relié au cycle du vivant. Il convoque le design, l’architecture d’intérieur ou encore les dispositifs de réalités virtuelles. Ses œuvres sont des tentatives pour provoquer l’état de grâce dans lequel l’être humain entre en adéquation avec son environnement. Elles favorisent la rencontre en invitant à un état de contemplation, de recueillement et de disponibilité.


Poids ?
En ce moment je dois peser 58 kg. Cela dépend beaucoup de mon alimentation et mon activité physique.

Quelle est la genèse du projet ?
Ce projet est né d’un rapport particulier à l’alimentation développé à travers le sport. À un moment, je faisais beaucoup de musculation. C’était un univers incroyable qui s’ouvrait à moi : d’écoute de mon corps. J’ai démarré une toute nouvelle relation avec la nourriture. J’avais déjà une relation avec la matière qui m’entourait par mon travail de sculpture, mais la nourriture est devenue quelque chose de très important. J’ai adopté un regard complètement différent sur cette matière que je peux transformer en énergie et sur cette énergie que je pouvais ensuite apporter au monde. C’est un cheminement qui m’a permis de changer de regard et donné très envie de le partager. C’est aussi pour cela que j’ai souhaité introduire des états plus oniriques et poétiques pour aborder la question de la nourriture. Ainsi, faire appel à l’hypnose permet d’adopter un « regard magique » pendant le temps d’un repas partagé. Elle nous permet de prendre conscience de toutes ces ramifications qui sont présentes dans les choses disposées dans notre assiette

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
J’ai eu le luxe d’y être invité, ce qui est absolument génial. Quand on reçoit des invitations il ne faut pas se poser trop de questions. C’est une exploration transdisciplinaire que je suis en train de créer. Il y a beaucoup de cloisonnements dans l’art contemporain, dans la science et dans toutes les disciplines. C’est peut-être pour cela que j’ai mis du temps à trouver dans quel cadre j’avais envie d’expérimenter mes recherches. Je pense qu’il y a vraiment une résonance entre ma pratique et les aspirations de ce lieu. Le fait que ce soit un endroit très curieux dans un hôpital psychiatrique est intéressant, j’ai hâte de voir ce qui va en émerger.

Comment travailles-tu ?
J’ai longtemps été beaucoup plus obsédé par ce que je faisais que par ce que je vivais. Présenter ce projet d’hospitalité et de convivialité a vraiment infléchi mon parcours, ce à quoi j’aspire et ma manière de le partager. En ce moment, je travaille à créer une continuité entre mon expérience quotidienne et ce que je partage.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Je ne sais pas. Je n’ai pas l’impression d’être fou, mais parfois que les autres le sont. L’impression est sans doute réciproque ! Mais on cohabite plutôt bien, on s’apprend plein de choses.

Ton jardin préféré ?
En ce moment, c’est les profondeurs de la mer. C’est justement un monde qui m’apprends à vivre lentement, un monde différent, où le temps s’écoule avec douceur. Un monde complètement abondant. C’est aussi un monde où toutes les traces et les détériorations de l’homme sont très visibles. Il y a, malgré tout, une vie luxuriante. C’est une sorte de chemin initiatique. Rentrer dans les profondeurs, arrêter de respirer, être à l’aise dans un environnement très différent.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Porthos, un jack Russel à poils souples, très réceptif.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
Est-ce qu’on va passer un bon moment ensemble ?


Site de l’artiste


© Berengère De Contenson

CHARLOTTE VITAIOLI
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Arts visuelsExposition

CHARLOTTE VITAIOLI

EXPOSITION
DU 6 FÉVRIER AU 27 MARS 2021

VERNISSAGE
SAMEDI 6 FÉVRIER DE 11H À 13H

SESSION
MERCREDI 25 NOVEMBRE DE 10H À 12H

EXPOSITION
du 6 février au 27 mars 2021

VERNISSAGE
samedi 6 février de 11h à 13h

SESSION
mercredi 25 novembre de 10h à 12h


Charlotte Vitaioli imagine un projet d’exposition transdisciplinaire, stratifié en plusieurs couches comprenant la création d’un service de table en céramique qui invitera à l’occasion d’un banquet à des gestes nouveaux. Ce banquet sera ponctué de moments de danse collective ou de gestes chorégraphiques et tour à tour sujet et décor d’un film, avec réalisation de mobilier et de costumes, où les protagonistes naviguent entre réalité de la performance et virtualité de l’espace filmique. Un projet qui résonne avec l’enseignement qu’elle dispense à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne où
elle développe depuis 2019, avec enseignant.e.s et étudiant.e.s, un travail théorique sur les manifestations festives et artistiques dans l’histoire de l’art et de manière pratique sur la réactivation du Bal des Quat’z’Arts (grande fête parisienne organisée par les étudiants de l’École nationale des Beaux-arts de Paris entre 1892 et 1966).
.


ENTRETIEN
Charlotte Vitaioli

Résidence de création – Arts visuels : De novembre 2020 à février 2021

Poids ?
La légèreté. On pense souvent, à tort, qu’elle est dénuée de profondeur. Comme je mène une recherche sur la joie, la légèreté est donc importante pour moi !

Quelle est la genèse du projet ?
La folie baroque des films italiens qui me rappellent mes origines, comme ceux de Fellini avec leurs repas grandiloquents habités par des personnalités charismatiques, ou l’ouverture du film Mamma Roma de Pasolini.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
J’ai répondu à l’appel à candidature sur la performance du 3 bis f l’année dernière. Je n’ai pas été retenue mais je suis venue visiter le 3 bis f lorsque j’étais en résidence à la Station à Nice. J’ai rencontré Diane Pigeau, elle m’a parlé du rapport au vivant qui est au cœur du projet artistique du centre d’art du 3 bis f, cela m’a inspiré ce projet de banquet.

Comment travailles-tu ?
Avec la vie, les rencontres, les émissions de radio, les mots, des coups de cœur… Ma pratique artistique est vraiment liée à la vie, c’est très mélangé, je ne fais pas de distinction.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Assez bien, je m’entends plutôt bien avec elle, elle est parfois irrévérencieuse mais nous avons un bon équilibre !

Ton jardin préféré ?
L’île d’Arz dans le Golfe du Morbihan au sud de la Bretagne.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
L’italien.

A quelle question répondrais-tu « À vous de voir » ?
Dove sono le spiagge de la tua felicita ? (Où sont les plages de ta félicité ?), phrase inspirée du film Les plages d’Agnès, qui sera peut-être le titre de l’exposition…


Page de l’artiste
Documents d’artistes Bretagne


V O O G T
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Arts visuels

V O O G T

Sessions

SESSIONS


Les V O O G T mènent une recherche permanente d’un possible fantasque qui viendrait déjouer le réel. Où qu’ils s’installent, ils prennent le temps pour questionner notre manière d’habiter le monde tout en déplaçant les forces poétiques de leurs rencontres dans de nouveaux récits qui empruntent les codes du conte, de la poésie, de la chanson, et de la mythologie. L’esthétique qui en émerge rend visible les ressources spécifiques de leur environnement pour en proposer un nouveau folklore.


ENTRETIEN
Voogt

Résidence de recherche – Arts visuels : De février à juillet 2021

Poids ?
125 kilos à deux. Mais il s’agit plutôt de masse que de poids, car le poids varie selon l’humeur et les jours. On peut paraître plus petit ou plus grand en fonction de notre état ou du contexte. La masse, elle, ne change pas.

Quelle est la genèse du projet ?
D’un positionnement pour s’échapper du quotidien, de la nécessité de développer un nouveau contact avec le temps et du constat d’un réel manque de rapport à la nature dans nos vies. Comment habite-t-on le monde ? Ce projet est un laboratoire expérimental autour du bien-être à travers la fabrication de modules praticables à partir de l’écosystème présent, où les plantes joueraient les rôles principaux de cette aventure, jusqu’à opérer à notre mutation !
Le projet précédent, notre premier projet ensemble, était un film tourné sur une plage, pour la débarrasser des objets en plastique qui l’encombraient Nous avons avancé dans ce projet avec la méthode de "procrastination structurée", en conservant le plaisir de la recherche de trésors.
C’est avec un processus similaire que nous voulons engager cette nouvelle aventure.
Suite à une petite escapade dans un Spa, le parcours nous a donné le sentiment de se faire enlever par des extra-terrestres.
Nous avons alors commencé a imaginé le Spa des VOOGT.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Pour le contexte de ce lieu si particulier, pour l’espace de la rencontre. Les ateliers comme matière de la recherche seront particulièrement propices à ce projet de ce laboratoire de bien-être expérimental, au cœur de l’hôpital psychiatrique.

Comment travaillez-vous ?
In situ la plupart du temps. De manière organique, invasive. Dans un lieu, avec tout ce qu’il y autour, avec la matière et le vivant qu’il y a sur place, sans projection de forme. Nous sommes autant colonisés par le lieu qu’il l’est par nous.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Phabrice : Au quotidien. La magie, c’est la folie contrôlée. Elle est essentielle pour survivre. Quand on embarque tout le monde dans sa schizophrénie, ce n’est plus de la folie.
Madely : Ma seule peur serait qu’elle me quitte, que je ne dialogue plus avec elle. Elle m’est très précieuse.

Ton jardin préféré ?
Un jardin luxuriant, sauvage, avec des sources d’eau naturelles immenses, un jardin où l’on pourrait se perdre, où il y aurait toujours quelque chose à découvrir, comme des plantes carnivores ou qui soignent. Un jardin pour être auto-suffisant.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Phabrice : Toutes les langues vivantes du monde.
Madely : La langue d’une ânesse pour toucher la sagesse.

A quelle question répondrais-tu « À vous de voir » ?
Est-ce que votre proposition nous regarde ?


Sites des artistes

REBECCA DIGNE
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Arts visuelsExposition

REBECCA DIGNEMETODO DEI LOCI

EXPOSITION
DU 26 JUIN AU 28 AOÛT

VERNISSAGE·BRUNCH
SAMEDI 26 JUIN DE 11H À 13H

SESSIONS
LES MERCREDIS 6 JANVIER, 17 FÉVRIER ET 17 MARS DE 14H À 16H

EXPOSITION
du 26 juin au 28 août

VERNISSAGE·BRUNCH
samedi 26 juin de 11h à 13h

SESSIONS
les mercredis 6 janvier, 17 février et 17 mars de 14h à 16h


Le corps est parlé avant d’être parlant. La langue nous précède et nous constitue. Ce que je définis comme langue maternelle, ce n’est pas le chinois, l’anglais, ce n’est pas la langue “géopolitique”. Ce qui m’intéresse est de penser la langue maternelle comme une matière d’échange. Un lien qui peut être nourricier ou un nœud qui peut s’avérer aride. Cette matière constitue les fondations de chacun.


ENTRETIEN
Rebecca Digne

En résidence de janvier à juin

Poids ?
Le poids des mots.

Quelle est la genèse du projet ?
L’expérience personnelle de la maladie d’Alzheimer et ses conséquences sur la réalité qui ont transformé ma pratique artistique. Le projet a commencé à Rome à la Villa Médicis où j’étais partie tourner un film, puis il est devenu tentaculaire. Il se compose désormais en chapitres. Mon père souffrant de cette maladie, mes recherches se sont orientées vers cette maladie neurologique, pour moi il y a une analogie fondamentale entre le cerveau et la chambre noire.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Ce projet s’inscrit vraiment dans un espace architectural. Il s’inspire du Palais de la mémoire, constitué de sept chambres, dans la tradition grecque ancienne : c’est un système mnémotechnique pour se souvenir de récits longs, alors que l’on ne pouvait à l’époque se servir facilement de papier pour prendre des notes. Le 3 bis f, ancien pavillon de force pour femmes, m’est apparu comme un lieu évident pour penser la maladie, le lien était clair. C’est la salle de théâtre qui m’a donné envie d’investir le 3 bis f. À mes 17 ans, je travaillais dans le spectacle vivant avec le Cirque Invisible de Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin. Mes œuvres vidéo sont des performances filmées. J’ai aujourd’hui envie de me confronter à œuvre vivante en présence d’un public. Le 3 bis f est l’échelle pour cela, comme lieu d’expérimentations. Un lieu pour faire quelque chose que je n’ai jamais fait.

Comment travailles-tu ?
Je vois, je vis quelque chose de la réalité. Pour ce projet, il y a eu le livre L’Asile de Patrick Mac Grath. C’est l’histoire, dans un hôpital psychiatrique aux États-Unis, de la femme d’un médecin qui tombe amoureuse d’un patient.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
La folie est poreuse, on l’entrevoit lorsque l’on est dans le non-comprendre. Au moment où les choses nous dépassent. C’est notre rapport à notre limite. On en a besoin pour avancer, pour apprendre.

Ton jardin préféré ?
Le jardin de la Villa d’Este près de Rome à Tivoli : un jardin construit de fontaines et de bassins, fait de mondes inquiétants et magiques.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Joker !

A quelle question répondrais-tu « À vous de voir » ?
Êtes-vous une femme libre ?


site de l’artiste

HÉLÈNE BELLENGER ET CHARLOTTE PERRIN
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Arts visuelsExposition

HÉLÈNE BELLENGER ET CHARLOTTE PERRINPLAISIR SOLIDE

EXPOSITION
DU 17 AVRIL AU 5 JUIN 2021

VERNISSAGE BRUNCH
SAMEDI 17 AVRIL DE 11H À 13H

EXPOSITION
du 17 avril au 5 juin 2021

VERNISSAGE BRUNCH
samedi 17 avril de 11h à 13h


Positif, rigide ou lustré. Mesure, confort, ou succès. À l’image du protocole aléatoire de création de titres élaboré par les deux artistes, Plaisir Solide réuni les recherches et travaux d’Hélène Bellenger et Charlotte Perrin le temps d’une exposition en duo.

Plaisir Solide, c’est la rencontre d’un nom et d’un adjectif que l’on n’a pas coutume d’associer et le titre de l’exposition à venir dans les espaces du centre d’art contemporain du 3 bis f. Un titre tout droit sorti de l’atelier, à l’issue d’un exercice d’écriture où les notions à l’œuvre dans le travail et les recherches en cours des artistes ont établi un premier contact par l’intermédiaire de l’outil sémantique.

Gaston Bachelard affirmait qu’une intuition ne se prouve pas, qu’elle s’expérimente. Ici, l’intuition est celle de l’invitation dans l’espace partagé de l’atelier à deux pratiques distinctes, inconnues l’une de l’autre, en misant sur le pressentiment d’une porosité possible, et en faisant le pari de la rencontre aussi bien humaine qu’artistique.


Les expositions sont ouvertes du mardi au samedi de 14h à 18h & rdv.
Le 3 bis f est fermé du 1er au 9 mai ainsi que le 13 mai.
Entrée libre.


ENTRETIEN
Hélène Bellenger & Charlotte Perrin

Résidence de création – Arts visuels – Mars > avril 2021

Poids ?
Poids plumes !

Quelle est la genèse du projet ?
Nous avions toutes deux répondu à un appel à candidature du 3 bis f pour les résidences de recherche en arts visuels. Diane Pigeau, directrice artistique du centre d’art, a choisi nos deux dossiers en ayant l’intuition d’une porosité entre nos deux pratiques. Le principe est que les deux artistes en résidence de recherche aient un temps ensemble dans l‘atelier.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Nous connaissions le 3 bis f toutes les deux.
Hélène : J’avais très envie de m’ancrer à Marseille après avoir voyagé plusieurs années dans le cadre de résidences à la sortie de l’Ecole de la Photographie d’Arles en 2016 (notamment à Deauville, Aix-en-Provence, Karnak (Égypte), Toulouse, Tours, Bastia). Je connaissais le 3 bis f et ses espaces car j’étais venue voir l’exposition de Linda Sanchez et Sarah Forrest en 2018.
Charlotte : Je vis déjà depuis plusieurs années en Allemagne et je souhaitais revenir dans ma région natale. Je connaissais le 3 bis f de nom, mais je ne connaissais pas les espaces. En voyant des images de l’atelier dans l’appel à candidature, j’ai eu envie d’investir l’espace en me focalisant sur une pratique sculpturale, évolutive et basée sur les formes et matériaux collectés sur place. Le contexte du 3 bis f où l’on partage l’évolution d’un travail en cours en ouvrant l’atelier lors de sessions se prêtait bien à ce nouveau champ d’expérimentations.

Comment travaillez-vous ?
Diane a eu beaucoup d’intuitions car si nos formes finales et nos sujets sont assez différents, nous procédons de manière similaire : nous travaillons par collections et détournements.
Hélène : Mes projets prennent la forme d’un travail d’enquête, suivi de collections d’images et de détournements (numériques ou spatiaux) ; Je travaille spécifiquement à partir de ma culture visuelle occidentale en interrogeant les soubassements techniques, économiques et politiques qui s’immiscent dans le « re » de représentation.
Charlotte : Dans mon travail, je suis fortement influencée par le contexte et les espaces dans lesquels je travaille ou dans lesquels je suis amenée à exposer. Je travaille d’une certaine manière in situ, ou plutôt en relation à, tout en poursuivant une recherche sur les matériaux dont je révèle les propriétés et que je détourne de leurs usages.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Hélène : Ce qui est drôle c’est qu’au bout d’un moment durant la résidence, notamment ces dernières semaines, le rapport de force “normalité et périphérie” s’est inversé. J’avais l’impression de voir des patients dans les rues de Marseille et je ressentais parfois un certain apaisement à revenir à l’hôpital Montperrin. J’ai écouté récemment une archive sonore de Jean Malviel, un des co-fondateurs du lieu, expliquant “l’internement volontaire” des artistes qui viennent en résidence au 3 bis f. Cet espace nous amène à nous questionner sur la définition même de “folie”.
Charlotte : Pour des mesures de sécurité, les portes des pavillons doivent être systématiquement refermées derrière soi. Logeant sur place, j’ai dû apprendre à ouvrir et fermer les portes constamment, ce qui m’a amené à questionner la notion d’habitat, ce que veut dire se sentir chez soi, notre rapport à l’architecture, qui est une question récurrente dans mon travail. Cette thématique a trouvé un écho durant le confinement, qui nous a confronté comme jamais à notre habitat, un espace qui nous protège mais aussi nous enferme.

Ton jardin préféré ?
Hélène : La Villa Borghese à Rome, qui n’est pas un jardin mais un grand parc à côté de la Villa Médicis, très beau, avec une horloge hydraulique, des statues et beaucoup de couches d’histoire de l’art qui se superposent.
Charlotte : Le jardin botanique de Wuppertal, où j’organise avec Jonas Hohnke et Jaana Caspary, l’exposition Skulpturenprojekt Hardt de juillet à septembre. C’est un jardin très vallonné, la nature y est domestiquée, maîtrisée, néanmoins magnifique. Le parcours fait découvrir des espaces parcellaires, ponctués d’interventions sculpturales qui interagissent avec le contexte.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Aucune !

A quelle question répondrais-tu « À vous de voir » ?
Qu’est-ce qu’il y aura dans notre exposition ?


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Hélène Bellenger
Charlotte Perrin


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