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THÉÂTRE DOCUMENTAIRE ALIX DENAMBRIDE & MANU VIGIER
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Théâtre documentaire

THÉÂTRE DOCUMENTAIRE ALIX DENAMBRIDE & MANU VIGIERHUIT CALIBRES, 1 CARTOUCHE DE GITANES, 1 MICRO

SESSIONS
17 ET 22 JUIN DE 14H À 16H

TRAVERSÉE DOCUMENTAIRE
JEUDI 24 JUIN À 20H

SESSIONS
17 et 22 juin de 14h à 16h

TRAVERSÉE DOCUMENTAIRE
jeudi 24 juin à 20h


Alix Denambride et Emmanuel Vigier amorcent un processus d’écriture basé sur une recherche documentaire et historique sur les pas du personnage de Georges Courtois. Jouant les codes du théâtre, du procès et de la télévision ils déplient un processus mêlant récits et "reenactment" (reconstitution).


Autrice et Metteure en scène : Alix Denambride - Auteur et Réalisateur : Emmanuel Vigier


ENTRETIEN
Alix Denambride & Emmanuel Vigier

Résidence de création – Création documentaire – Juin 2021

Poids ?
Emmanuel : Stable.
Alix : variable.

Quelle est la genèse du projet ?
E : La rencontre avec le personnage de Georges Courtois dans des rushes que me montre Alix. Il est metteur en scène de lui-même, metteur en scène de la justice, metteur en scène de l’information. Un personnage "super metteur en scène".

A : Initialement je travaillais sur l’écriture d’un projet autour de l’injustice sociale qui progressivement est devenu ce projet-ci. J’avais mené un certain nombre d’entretiens avec une juge d’instruction à Bruxelles et d’anciens détenus. En entendant parler de Georges Courtois, en découvrant ces images, j’y ai vu quelque chose qui est de l’ordre de la revanche. Une revanche sociale extrêmement puissante.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
E : C’est un lieu dans lequel j’ai déjà été accueilli. Un lieu où l’approche de la création est sensible, où l’on peut être bousculé, bouleversé. Il y a la possibilité de la rencontre qui vient se loger dans le processus de création et le nourrir. C’est la promesse d’un lieu de travail extrêmement vivant et risqué. Courtois, des risques il en a pris....

A : À l’endroit de la folie du personnage sur lequel nous travaillons, ce renversement des rôles, parle, il parle dans les murs.

E : Courtois est hors des clous, hors les murs. Il est hors tout ! À la croisée des chemins. Arriver au 3 bis f avec un gars comme ça, c’est plutôt chouette.

Comment travaillez-vous ?
A : Nous avons un peu la même manière de travailler. Nous sommes ainsi passés de collaborateurs à co-auteurs. Nous avons des rythmes similaires : des processus longs d’écriture, accordant une large part à la documentation et à la recherche. Nous emmagasinons beaucoup de matières. Nous sommes d’abord des collectionneurs avant de commencer à donner une forme.

E : Je parlerais aussi de confiance au fil des années. Nous sommes de vrai.e.s obsessionnel.le.s. Dès lors que nous sommes sur un chemin, nous y sommes longtemps, avec insistance. Nous ne décrochons pas ! Cela demande de la rigueur et dans cette rigueur là il y a aussi de la folie possible. Nous fonctionnons avec nos rêves, avec ce qui vient s’inviter à nous. Il y a une musique que nous sommes arrivés à trouver tous les deux. Cela se fait dans une grande joie mais à chaque fois sur des chemins très périlleux.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
E : C’est une question de distance. En essayant qu’elle soit plutôt amie. Qu’elle vienne se loger dans la création, plutôt qu’ailleurs. Dans tous les cas elle est là, inévitablement. C’est un mot que j’aime beaucoup, « folie ». J’aime beaucoup le mot « fou ». Ce n’est jamais péjoratif dans ma bouche. Essayer de trouver une distance, essayer de faire avec elle tout le temps. Des fois ça ne marche pas.

A : La folie qui porte plutôt qu’elle n’empêche.

Ton jardin préféré ?
E : J’ai une réponse très « au ras des pâquerettes ». Mon jardin préféré, est celui d’amis dans les Alpes. J’aime un endroit très précis de ce jardin. C’est un arbre. Très souvent quand je le vois, je dis à mes amis : « vous viendrez disperser mes cendres à cet endroit ».

A : Le potager de ma mère. C’est un endroit où j’ai passé beaucoup de temps depuis l’enfance. Je ne l’ai jamais aidé pour ce potager ! Par contre, je m’asseyais toujours sur un caillou pour lui parler de tous mes états d’âme.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
A : Le Perse.
E : La langue du poète.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
A : Pas simple… non parce qu’au début j’avais pensé à : « De quoi sera fait demain ? » et en même temps ce n’est pas « à vous de voir » c’est « à nous de voir ».

E : C’est difficile parce que je crois que je ne réponds jamais ça. C’est vraiment une manière de dire : « à vous de voir ». Je crois que je m’efforce toujours de répondre quelque chose. Je n’arrive pas m’imaginer « à toi de voir ».


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© Sébastien Normand