Montrez moi quelque chose que je n’ai jamais vu
CIE MONAD
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Arts vivantsDanseCirque

CIE MONAD YIN

SESSIONS
MARDIS 24 NOVEMBRE ET 26 JANVIER DE 10H À 12H

REPRÉSENTATION
SAMEDI 30 JANVIER À 20H

SESSIONS
mardi 24 novembre et 26 janvier de 10h à 12h

REPRÉSENTATION
samedi 30 janvier à 20h
[4,5 – 9 €]


Yin nous invite à déplacer nos perceptions, à changer d’espace-temps.
Mêlant intimement danse derviche et jonglage, rotation des corps et des gestes, il nous emmène dans une transe moderne, hypnose rythmée par une chorégraphie en révolution.


Jonglage et danse : Van-Kim Tran - Jonglage et danse : Cyrille Humen - Alchimie et mise en scène : Eric Longequel


Dans le cadre de la Biennale Internationale des Arts du Cirque


ENTRETIEN
Van-Kim Tran

Résidence de création – Cirque – novembre 2020 et janvier 2021

Poids ?
Nous avons à peu près 34 kg de matériel pour l’instant, dont 3 kg par jupe. Si on additionne avec mon poids, celui de Cyril et de notre régisseur, en tout, cela doit faire 250 kg en tournée.

Quelle est la genèse du projet ?
Une envie, pour Cyril et moi de travailler ensemble. J’aime faire des choses qui m’intéressent. À la naissance de ce projet, trois choses m’animaient : jongler, pratiquer la danse derviche et le tai chi. Tout s’alignait parce que ces pratiques sont absolument incompatibles les unes avec les autres - il faut une sorte de lâcher prise pour la danse derviche et un contrôle pour le jonglage. Il y a quelque chose de très intéressant dans la rencontre de ces deux pratiques opposées. Le tai chi, pour sa part, a vocation à unifier. Ces gestes ont le cercle en commun. Il y a une circulation, que ce soit dans le jonglage-contact, la danse derviche et le tai chi où il s’agit de faire circuler une énergie. Cyril adore les cercles ! Dans son jonglage, on en retrouve dans tous les sens !

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Là encore c’est un alignement plutôt heureux. De manière générale le lien entre l’art et les états de perception m’intéresse. La présidente de notre association, Nina Roberts est psychiatre et spécialiste de l’hypnose. Son domaine de recherche et de prédilection est celui du lien entre l’hypnose et les pratiques artistiques. Dans la danse, par exemple, le fait de tourner sur soi-même est un moyen d’accéder à une sorte de transe, un moyen de quitter le monde matériel. Il est donc heureux de faire la première de ce spectacle dans un lieu qui est à la fois un espace où il y a la place pour l’art contemporain, le spectacle et qui se trouve dans un centre hospitalier psychiatrique. En tout cas un lieu qui s’intéresse de près aux états de perception altérés.

Comment travaillez-vous ?
Au début, il y a une phase d’incubation où je lis beaucoup, où j’expérimente plein de choses qui n’ont aucun rapport avec le spectacle, jusqu’à que j’en trouve un. Ensuite, on se retrouve ensemble dans un lieu de pratique, dans un studio. Cet état brut est comme une sorte d’esquisse. Puis, il y a un moment où je me dis : « ah c’est ça le spectacle ! ». Ce moment, est arrivé quand j’ai découvert le travail de François Roustang, un Hypno-thérapeute français qui a beaucoup développé cette pratique et qui a défini un terme face auquel je me suis dit : « Voilà c’est ça qu’on fait ! ». Il s’agit du mot « perceptude », un état de perception où l’on se connecte au tout, en mettant au second plan le jugement et la rationalité. Un état de veille qui garde notre jugement en sommeil et qui ouvre de nombreuses perceptions. Tout devient possible. François Roustang s’en sert pour aider des personnes qui sont bloquées dans certaines situations de leurs vies. Dans notre pratique artistique, nous y faisons plutôt appel pour expérimenter un autre goût, une autre perception de la réalité.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
J’écoute les bons conseils de mon ami Carl Gustav Jung. J’ai lu beaucoup de ses livres. J’ai été frappé par la clarté de vision qu’il avait et à quel point cela raisonnait en moi. Ce que j’apprécie dans son travail, c’est qu’il recherche une forme d’intégration des différentes forces présentes en nous-même. C’est ce qu’il appelle le processus d’individuation. Cette vision présente l’avantage incroyable où même les choses perçues négativement, par exemple la folie, la colère ou des choses plus sombres, peuvent être perçues comme en évolution. Une matière première qui, à travers les expériences de la vie, les changements, va se métamorphoser de manière sublime. J’aime beaucoup ce rapport qui permet une équanimité avec nos expériences intérieures et extérieures

Ton jardin préféré ?
De manière générale, je préfère la forêt au jardin. Les jardins à la française, je ne supporte pas et n’y vais jamais ! À la limite, les jardins japonais, ça j’apprécie, car il y a une recherche de coexistence et d’harmonie entre l’homme et la nature. Mais à choisir, je préfère quand même aller me balader ou voyager en forêt naturelles, là où il y a différents arbres qui coexistent.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
La langue en question se reconnaîtra.

A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
« Est-ce que vous partez en transe pendant le spectacle ? »


site de la compagnie


©Emmanuelle Tricoire

YAÏR BARELLI & NILOUFAR BASIRI
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YAÏR BARELLI & NILOUFAR BASIRIZAMAN

SESSIONS
JEUDI 10 DÉCEMBRE DE 15H À 17H
VENDREDI 9 JANVIER DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
VENDREDI 8 JANVIER À 20H

SESSIONS
jeudi 10 décembre de 15h à 17h
samedi 9 janvier de 15h à 17h

SORTIE DE RÉSIDENCE
vendredi 8 janvier à 20h


Niloufar est iranienne, Yaïr israélien, Niloufar est plasticienne, Yaïr danseur. Tous deux vivent en France dans une sorte d’exil volontaire de leurs pays d’origine inscrits dans des situations politiques complexes.
Matière de recherche et point de convergence, les chansons populaires dont ils sont dépositaires et nostalgiques, interprétées dans un va-et-vient entre la langue d’origine et le français, deviennent un terrain de jeu politique, linguistique et performatif.


Conception et interprétation : Niloufar Basiri et Yaïr Barelli - Lumière et espace : Yannick Fouassier - Son : Jonathan Reig


ENTRETIEN
Yaïr Barelli & Niloufar Bassiri

Résidence de création – Danse – décembre 2020 et janvier 2021

Poids ?
Y : Dans un bon jour 71,2 kg
N : entre 59 kg et 60 kg
Y : ensemble cela fait 131,2 kg

Quelle est la genèse du projet ?
N : Notre rencontre. Nos expériences qui sont celles de deux étrangers à la communication entravée de par leurs pays d’origine. Pour moi, c’est la première fois que je rencontrais quelqu’un venu d’Israël. La France est devenue un espace intermédiaire. Nous y avons vécu des choses communes qui ont fait le lien entre nous.

Y : La rencontre s’est faite à l’École des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand. Je ne sais pas si un européen peut comprendre ce que cela représente de rencontrer quelqu’un qui vient d’un pays ennemi. Il y a tout de suite une sorte d’excitation, mêlée de peur. C’est complètement débile mais c’est comme ça. Comme l’a dit Niloufar, on s’inspire aussi de notre exil en France car on a été confronté.e.s aux mêmes problèmes : l’adaptation à la langue, les démarches administratives… On ne parle pas bien français, on ne comprend pas et on improvise constamment. La genèse du projet, c’est donc à la fois ce qui est très loin (nos pays d’origine et la guerre) et très proche (la France). Par ailleurs, je suis attiré par la culture persane depuis très longtemps.

N : Quand j’ai décidé de faire un stage avec Yaïr j’avais vraiment peur, car je ne savais pas si travailler avec un israélien poserait problème quand je retournerais en Iran. Après, c’est devenu comme un acte de résistance. Je me suis dit : « oui, pourquoi pas ». On va faire un projet de toutes ces complicités.

Y : C’est un peu banal, la situation est absurde mais il y a un réel danger. On a même discuté, de changer de nom, inventer un pseudo et finalement Niloufar a décidé que non.

N : Les chansons vont permettre de montrer les différences entre nous, en utilisant les points communs en France pour faire lien.

Y : Oui, on travaille sur des chansons d’Israël et d’Iran avec lesquelles nous avons grandi et qui nous rendent nostalgiques. Nous sommes en train de les traduire en français pour les amener auprès de nous. Pour un public français, ces chansons ne veulent absolument rien dire. Il y a un intérêt dans ce décalage de charge émotionnelle. Et puis il y a le sujet de la lutte qui était un hasard. Il y a eu un incident récemment. Un judoka iranien fait le choix délibéré de ne pas refuser de combattre contre un adversaire israélien. Il a été contraint s’exiler en Allemagne, car normalement un sportif iranien qui est confronté à un israélien doit renoncer. On va faire un peu l’inverse, une sorte de lutte intentionnelle où se confondent peur et désir de la rencontre de l’autre.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Parce c’est génial !

Comment travailles-tu (travaillez-vous) ?
Y : Nous ne savons pas encore, c’est une collaboration, ça c’est sûr. Nous ne sommes pas au même endroit, mais il n’y a pas de hiérarchie. Niloufar a une expérience que moi je n’ai pas. Elle est architecte. Elle vient de beaucoup plus loin que moi. Elle a un parcours de plasticienne. Il nous faut trouver comment collaborer. De mon côté, lorsque j’enseigne, je tente de travailler avec le groupe, me situant davantage comme l’un des participants que comme un enseignant.

N : Au début je pensais comme enseignant/étudiant. Finalement, j’ai vu que l’on pouvait inventer autre chose.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Y : J’ai envie dire qu’il n’y a pas de folie.
N : Oui exactement !
Y : C’est un malentendu. On habite bien, on ne sait pas habiter autrement. J’ai fait un projet avec ce que l’on appelle une classe ULIS (Unité localisée d’intégration sociale). Qu’est-ce que cela veut dire « intégrer » ces enfants qui ont des « handicaps mentaux » ? Je n’ai jamais réussi à comprendre. Quand je les ai interrogé.e.s, j’ai eu des réponses complètement non satisfaisantes : « j’ai un problème de concentration », « j’ai un problème de mémoire ». Mais on a tous des problèmes de concentration et de mémoire. Je pense que s’il faut les inclure cela veut dire que quelqu’un les a exclu. Et c’est plutôt-là que se situe le problème, dans la conception de la folie et plus que dans la folie elle-même.

Ton jardin préféré ?
Y : Le jardin de ma mère, qui se trouve à Jérusalem.
N : Le jardin Eram à Shiraz en Iran.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Y : La langue d’un serpent.
N : d’un chat.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
Y : « Ton jardin préféré ? » (c’est une réponse écologique, recyclée)
N : C’est quoi votre projet ?


Sites des artistes
Yaïr Barelli


© Barelli

CIE SHONEN
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CIE SHONENINFANTE

COMPAGNIE EN CONNIVENCE POUR LA SAISON

SESSIONS Infante
SAMEDI 15 MAI DE 14H À 16H

SORTIE DE RÉSIDENCE Infante
MARDI 18 MAI À 20H (sous réserve)

COMPAGNIE EN CONNIVENCE POUR LA SAISON

SESSIONS Infante
Samedi 15 mai de 14h à 16h

SORTIE DE RÉSIDENCE Infante
Mardi 18 mai à 20h (sous réserve)


INFANTE
Conception, chorégraphie : Eric Minh Cuong Castaing - Collaboration chorégraphique et pédagogique : Gaëtan Brun-Picard - Dramaturge : Marine Relinger - Plasticienne, scénographe : Anne-Sophie Turion, Pia de Compiègne

Pièce chorégraphique au croisement de la danse, d’un concert et de l’art vidéo, Infante connecte en temps réel, par Skype, 4 enfants danseurs à un groupe d’enfants ougandais, les musiciens Wakastarz, qui additionnent des millions de vues sur youtube. En jeu, une rencontre et un défi spontané, par lequel les pratiques et les créativités devront s’augmenter en vue de la réalisation d’un “double spectacle” : un spectacle se jouant de part et d’autre de l’écran en direction de deux publics simultanément présents, en France/Europe et en Ouganda/Afrique.


INFANTE – projet lauréat Tridanse 2021


ENTRETIEN
Eric Minh Cuong Castaing

Poids ?
Trois méga par seconde, c’est le minimum pour avoir une bonne connexion pour réaliser un concert à distance.

Quelle est la genèse du projet ?
C’est la rencontre avec les Wakastarz, des enfants musiciens vivant dans la banlieue de Kampala en Ouganda. Ils font des millions de vues sur YouTube à partir d’une musique géniale, hyper créative - Reggae, Reggaeton, Afrobeat - recyclant des éléments trouvés dans leur village pour en faire des instruments.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Le projet s’inscrit dans le dispositif Tridanse qui réunit quatre lieux : le 3 bis f, le Citron Jaune, le Vélo Théâtre et le Théâtre Durance. Nous le menons avec une communauté d’enfants marseillais qui doivent se connecter par le biais d’un grand écran Skype avec des enfants, les Wakastarz, pour faire un concert ensemble. Dans ce projet protéiforme, entre spectacle de danse et concert retransmis en direct par Internet, nous souhaitons tester différentes configurations scéniques dont la salle de concert, un grand plateau de théâtre, la rue et dans la confrontation avec différents publics. Ce parcours de résidences est propice à cela !

Comment travaillez-vous ?
Nous sommes plusieurs dans un projet qui existera entre l’Ouganda, la France. Cela pose beaucoup de questions sur la circulation des danses, entre le contexte français et ougandais, et d’horizontalité dans le dispositif scénique. Nous avons traversé ces sujets qui sont partagés, en ping-pong avec la dramaturge Marine Relinger, avec Gaëtan-Brun Picard qui s’occupe de l’aspect pédagogique, et Anne-Sophie Turion/Pia de Compiègne sur l’aspect plastique du spectacle, avec les enfants marseillais et avec les Wakastarz pour trouver un dialogue sur scène qui évolue de la battle à la fusion. Le ping pong ça va être le nerf, le muscle de ce projet. La première idée forte est que nous souhaitons construire un double spectacle. Dans le théâtre français, il y aura un public qui regarde la scène avec les enfants marseillais et l’image des Wakastarz. Du côté physique des Wakastarz - en Ouganda - il y aura un public ougandais qui assistera également à la représentation.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
À la fois en tant qu’artiste et dans ma vie, ma folie, c’est de produire toujours, de remplir mes journées, notamment par le travail. Comment être présent au quotidien dans la relation avec ses proches, avec les personnes avec qui on travaille et en même temps développer de multiples projets sur trois à quatre ans. C’est une gymnastique perpétuelle. Une pensée qui me traverse en ce moment, est celle d’Edouard Glissant : « Agir en son lieu, penser le monde »

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
EM : C’est un souvenir de volontariat dans une réserve indienne Navarro au nouveau Mexique, aux Etats-Unis. Je suis tombé par hasard sur un discours lors d’une réunion de communauté, un discours politique d’un vieux sage Navarro. C’était le ton d’une revendication, d’une dignité. C’est une langue inconnue qui est dans musicalité dans sa mythologie. C’est ce qui peut me faire déplacer.

A quelle question répondriez-vous « À vous de voir » ?
Voir, cela évoque aussi l’image. Aujourd’hui on ne regarde plus simplement les images, les images nous regardent. Elles voient à travers des robots, des algorithmes qui analysent ce que nous faisons. Elles nous surveillent. Dans ce projet, les images se répondent.


site de la compagnie


Photographie © Kamila K Stanley

ROMAIN BIGÉ | ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX EN PROVENCE  Félix Ciccolini
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ROMAIN BIGÉ | ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX EN PROVENCE Félix CiccoliniHacking Sensoriel

SESSIONS
LES MERCREDIS 3, 24 MARS, 21 AVRIL DE 14H À 16H

SESSIONS Hacking Sensoriel
mercredis 3, 24 mars, 21 avril de 14h à 16h


Qu’est-ce que tu vois quand tu fermes les yeux ? Comment sens-tu ta peau frottée par tes vêtements ? Ça ressemble à quoi, le sens de la gravité ? Et si on pouvait pirater nos propres sens pour leur faire sentir des choses qu’ils n’ont jamais senties ? Chaque session sera une micro-plongée dans des pratiques auto-cobayes qui se sont développées aux Etats-Unis dans les dernières décennies du 20ème siècle, le Contact Improvisation et les Tuning Scores.


Ateliers ouverts - Danse - Dans le cadre d’un partenariat avec l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence Félix Ciccolini.


Romain Bigé enseigne la philosophie à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence Félix Ciccolini. Ces sessions prennent place au sein de son enseignement auprès des étudiant·e·s à qui iel transmet l’épistémologie et la philosophie de l’art.
Comment penser l’expérience de la création artistique ? Plutôt que de réfléchir aux œuvres, comment pouvons-nous nous armer pour décrire nos vécus de créations et d’actions collectives ?


Photographie © Anna M. Maynard

ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX EN PROVENCE Félix Ciccolini
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DansePerformancePhilosophie

ÉCOLE SUPÉRIEURE D’ART D’AIX EN PROVENCE Félix CiccoliniVANDALES | Workshop avec Antonija Livingston

WORKSHOP
8 - 12 mars 2021

VANDALES
Workshop avec Antonija Livingston invitée par Romain Bigé

8 - 12 mars 2021


Do. Don’t do. Modify.Witness.Report.
Faites. Ne faites pas. Modifiez. Regardez. Racontez.


Workshop accueilli dans le cadre d’un partenariat avec l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence Félix Ciccolini


Antonija Livingstone est une artiste indépendante basée à Berlin. Autodidacte, sa pratique évolue à partir de méthodes queer et opère à l’intersection de la performance et des arts visuels in situ. Livingstone grandit au sein d’une famille de géologues itinérants, se déplaçant dans les mines d’or du Grand Nord canadien : elle en retire une intimité avec les éléments et une propension à l’improvisation des moyens et des désirs. Son besoin de réenchantement l’incite à des collaborations avec des artistes visuelles, des danseuses et des étrangères. Cherchant à troubler l’activité du spectateur, amoureuse des corps insoumis et du renversement des logiques de la perception, Livingstone crée des chorégraphies, des objets et des antidotes.

Romain Bigé enseigne, traduit, écrit et improvise avec des danses contemporaines expérimentales et des philosophies queer& trans*féministes. Iel vit nomadiquement entre Paris, le Périgord, Aix-en-Provence et quelques destinations empruntables par train. Ancienne étudiante de l’École Normale supérieure, agrégée et docteure en philosophie, mais aussi danseuse, commissaire d’exposition, iel développe des installations et des écritures visant à renommer les savoir-sentir et les savoir-penser venus de la performance et des danses improvisées. Iel a notamment publié Gestes du Contact Improvisation (Musée de la danse, 2018) et dirigé la monographie Steve Paxton : Drafting Interior Techniques (Culturgest, 2019). Iel est actuellement professeure d’épistémologie à l’École supérieure d’art d’Aix-en-Provence.


Visuel © Antonija Livingstone et sa partenaire, Winnipeg Monbijou. Image : Nikol Mikus.

PAULINE BRUN
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Arts vivantsDansePerformance

PAULINE BRUNRAIDE D’ÉQUERRE

SESSIONS
23, 25 ET 30 MARS DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
JEUDI 1ER AVRIL À 15H ET 19H

SESSIONS
23, 25 et 30 mars de 10h à 12h

SORTIE DE RÉSIDENCE
jeudi 1er avril à 15h et 19h


L’expression « raide d’équerre » pointe avec ironie ce qui se plie, frise, penche, flanche, titube. Dans ce spectacle, Pauline Brun creuse les altérations et les écarts dans le réel pour construire, dans la fiction, d’autres formes d’altérités.


Concept, chorégraphie et scénographie : Pauline Brun - Performance : Pauline Brun et apparitions des collaboratrices.eurs - Création son : Diane Blondeau - Création lumière : Florian Leduc - Dramaturgie : Céline Cartillier - Assistante : Valérie Castan


ENTRETIEN
Pauline Brun

Résidence de création – Danse – Mars, avril 2021

Poids ?
« chiche ».
J’ai finalement procédé avec une méthode avec laquelle je travaille qui est de regarder la définition du mot : « objets lourds utilisés pour certains entraînements physiques ».

Quelle est la genèse du projet ?
Raide d’équerre s’inscrit dans la continuité des différentes propositions que j’ai menées jusqu’ici. Ce projet assemble deux disciplines que je pratique : l’art plastique et la chorégraphie. Il cherche à explorer d’autres formes d’altérité. Pour cela, je passe par des formes d’hallucination ou de vérification d’existence des choses.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
C’est un lieu qui m’intéresse parce qu’il met en relation ces deux champs que sont les arts visuels et vivants. Ce qui me rend très curieuse de ce lieu, c’est le fait qu’il crée des liens entre l’hôpital psychiatrique et un public plus large. Que ce lien puisse être un processus qui se partage, qui s’expérimente.

Comment travailles-tu ?
J’ai une manière de travailler assez empirique. Il y a une articulation, une espèce de logique interne, un lien de cause à effet dans l’ensemble de mon travail. Une logique, non pas illogique mais plutôt absurde, une logique propre. Je regarde avec attention ce qui apparaît dans le « faire », ce qui peut être de l’ordre de l’accident, qui est récupérée, re-pratiqué, écrit, maîtrisé. Puis, qui donne une chose nouvelle. C’est un chemin. C’est aussi un travail d’équipe. Quand on travaille ensemble, ce qui est important pour moi c’est qu’il y ait une forme d’horizontalité des échanges à tous les endroits. On débat, on n’est pas forcément d’accord, on rit. C’est un espace de collaboration où découvrir de choses que l’on ne pouvait pas anticiper.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Je vois ça comme un terrain de jeu et d’exploration. Cette question me fait penser à un précédent projet, Étalon, une série de vidéos et de performances qui parlent de mesures et de normes que l’on viendrait questionner. Il s’agit de trouver de la distorsion, de questionner le standard. Cela se poursuit dans Raide d’équerre où il est question de la distorsion du rapport au temps, à l’espace, à son corps, au corps de l’autre, sur de nombreux niveaux de relations. C’est aussi un travail qui s’intéresse à l’inefficacité, à l’absurde, à construire un corps qui serait un peu contre-productif.

Ton jardin préféré ?
Ce qui m’est venu tout de suite c’est Jardin de Yûichi Yokoyama, un dessinateur de BD. Je le trouve incroyable. C’est le jardin qu’on projette : un jardin sans fin, une zone d’exploration, une curiosité qui se transforme en permanence.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Ma première réponse, spontanée, serait celle d’un dinosaure herbivore.
La seconde serait une langue qui ne serait peut-être pas de l’ordre de l’oralité mais davantage du côté du silence et de l’action.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
« Est-ce que vous préférez avoir un bras en mousse ou une jambe en bois ? »


Site de l’artiste


© Mélissa Boucher

LES CORPS PARLANTS | MATHILDE MONFREUX
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Danse

LES CORPS PARLANTS | MATHILDE MONFREUXCaring Banquise

PERFORMANCE
MERCREDI 28 AVRIL À 15h

SESSIONS
LES 21, 22, 23, 27, 29 AVRIL DE 9h30 À 10h30

ATELIER-STAGE
SAMEDI 24 AVRIL DE 14h À 17h

PERFORMANCE
mercredi 28 avril à 15h

SESSIONS
21, 22, 23, 27, 29 avril de 9h30 à 10h30

ATELIER-STAGE
samedi 24 avril de 14h à 17h


" Faire Banquise " ce serait comme constituer une grande peau collective, ouvrir nos sens de spectateurs de manière à voir avec la peau et avoir des visions touchantes, penser et panser, soigner, danser.
Au cœur du projet : une chorégraphie d’emboitements de corps et le désir de les mêler, de questionner l’intimité. De déplacer les frontières entre social, art et politique.


Conception et déroulé : Mathilde Monfreux, en collaboration avec l’équipe - Chorégraphie : Mathilde Monfreux - Danse : Mathilde Monfreux, Virginie Thomas, Gaëlle Pranal et en alternance Clémence Diény / Anne Gaëlle Thiriot - Doublure, assistante chorégraphique laban : Anne Gaëlle Thiriot
Chercheur invité : Jérèmy Damian - Musique, dispositif sonore live : Raphaëlle Dupire-Loubaton - Installation vidéo-danse : Trecy Afonso


Projet Lauréat Tridanse 2020


ENTRETIEN
Mathilde Monfreux

Résidence de création – Danse – Avril 2021

Poids ?
360 si on est 6 et 300 si on est 5.

Quelle est la genèse du projet ?
Un contexte de confinement anticipé en 2019 lors d’un temps que je m’étais accordé pour rêver et me reposer. Un appel à projet qui passe et qui est prétexte à organiser des rêves. En termes de désir, il y avait un terrain favorable à réunir l’activité de transmission et de création. Ne pas dissocier ces deux modalités de travail, voir même en faire un petit défi pour amener la question de la transmission au cœur d’un dispositif de création.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Le 3 bis f a fondé, avec le Citron jaune, le Vélo Théâtre, le dispositif Tridanse, pour lequel j’ai répondu à l’appel à projet. J’avais aussi l’intention de retourner dans un lieu que je connaissais. Était-ce possible de revenir ici de manière entière, dans le sens d’une générosité ? Jusqu’à maintenant, j’étais venue travailler des pièces. J’avais l’envie d’en augmenter la relation de participation avec le contexte de l’hôpital. D’aller davantage vers un « habiter ensemble » ou « habiter la création » dans ce lieu. Cet endroit m’a invité à rassembler mes désirs et à décloisonner des compétences. C’était aussi la dernière année de Sylvie Gerbault (directrice du 3 bis f jusqu’en 2020). Cela relève un peu de l’idée de se faire un cadeau à soi-même, de venir faire un cadeau au lieu, d’honorer un cycle - qui n’est pas que le mien mais qui est celui d’un contexte, d’une personne.

Comment travailles-tu ?
Je rêve. Je lis. Je déplie. Je cartographie. Je cherche du nous. Nous dansons, nous expérimentons, nous faisons. J’actualise souvent. Je m’inspire beaucoup des contextes et des gens. Je suis très influençable et en même temps je tire des fils entre activités de transmission, de création, de laboratoire. Récemment, nous avons expérimenté des siestes collectives partageant une question, par exemple : « comment faire en situation Covid ? » J’ai énoncé une problématique, des questions, des enjeux. Une fois que cela était déposé, on s’est proposé une sieste collective pendant laquelle Virginie Thomas (collaboratrice) a joué du tambour. L’idée était de rêver à des réponses et de ne surtout pas y rêver de manière raisonnable. Nous avons essayé de laisser émerger des visions. Non pas forcément pour les réaliser mais au moins pour les faire advenir, les partager et voir comment elles allaient nourrir le processus.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
C’est peut-être là que je pourrai répondre « À vous de voir ».

Ton jardin préféré ?
Un jardin planétaire. Plus qu’un lieu, c’est un concept, une relation à l’environnement qui porte son attention sur la manière dont l’homme organise ou régit la nature. C’est une espèce d’extension de la question du jardin, à la question d’une nature non domestiquée. Je pense que mon jardin préféré, c’est un jardin qui n’est pas trop domestiqué.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Les cils de l’oreille interne. Il y aurait quelque chose d’un lien entre la musique et la langue. Ce serait comme un fantasme de pouvoir accéder à du sens à travers une écoute musicale des langues, accéder à la question du langage par d’autres canaux que l’endroit du cognitif. Les cils de l’oreille interne, sont une multitude de petits capteurs. Le langage du corps et celui de la musique se connectent au niveau de l’oreille interne.

A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ?
C’est la question cohabiter avec sa propre folie. Aujourd’hui je ne suis pas en capacité de dessiner des contours de la mienne.


site de l’artiste


Photographie © Christophe Gentil

KO.COM I MANON AVRAM
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Danse

KO.COM I MANON AVRAM Steps

SESSIONS
JEUDI 20 MAI DE 14H À 16H
MARDI 25 MAI DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
JEUDI 27 MAI À 20H

SESSIONS
jeudi 20 mai de 14h à 16h
mardi 25 mai de 10h à 12h

SORTIE DE RÉSIDENCE
jeudi 27 mai à 20h


STEPS est entièrement construit autour du documentaire « Des spectres hantent l’Europe », de Maria Kourkouta, réalisé en 2016 dans un camp de réfugiés à Idoméni, petite ville en Grèce à la lisière de la frontière avec la Macédoine. En laissant parler les corps, c’est avant tout un regard poétique et politique, sur l’histoire de la migration qui nous est proposé par le film. La pièce chorégraphique tente de restituer ce/ces regard-s au plateau, avec seulement deux femmes et une centaine de chaussures.


Avec : Fanny Avram et Mélanie Vénino - Chorégraphie : Manon Avram - Musique : Jérome Lapierre - Scénographie plastique : Collectif KO.com - Regard Extérieur : Maria Kourkouta


Poids ?
« À vous de voir ».

Quelle est la genèse du projet ?
Il prend sa source en 2015, à travers des entretiens et des ateliers menés avec de jeunes femmes syriennes. Dans la force de la rencontre se sont posées deux questions : celle des frontières au sens large du terme, qu’elles soient visibles ou non, entre les pays ou dans le rapport entre les individus, et la question du témoignage au plateau. Que faire de témoignages absolument extraordinaires ? Comment les amener au plateau sans être dans une forme d’instrumentalisation ?
Progressivement j’ai souhaité éprouver ces questions en travaillant avec des professionnels, comédiens et danseurs, qui n’avaient pas vécu ces expériences. L’une des entrées possibles était d’aborder les témoignages à travers le corps plutôt que par la parole. De là est née une pièce : « Quand on se retrouve chacun reprend sa place ».
Durant cette période, j’ai beaucoup lu. Je suis tombée sur un ouvrage de Georges Didi-Huberman , " Passer, quoiqu’il en coûte" , qui traite du film documentaire « Des spectres hantent l’Europe » de Maria Kourkouta. J’ai été absolument portée par ce film. J’ai cherché à rencontrer la réalisatrice avec un fort désir d’amener ce film vers le plateau. La pièce qui en découle s’appelle STEPS. C’est une pièce pour 100 paires de chaussures et deux danseuses. La place des chaussures est primordiale, comme elle est primordiale dans le film.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Il y a, pour moi, une vraie histoire avec le 3 bis f car cela fait la troisième ou quatrième fois que je viens et c’est un espace de travail que j’affectionne profondément. Il résonne aussi à la question de la fragilité des frontières. Michel Agier, anthropologue associé au projet STEPS, parle des camps qui accueillent les réfugiés comme des espaces « entre ». La frontière n’est pas une ligne. Les deux endroits interagissent et créent un monde nouveau.

Comment travailles-tu ?
Je travaille de manière très artisanale. Mon premier métier étant la photographie, je viens de l’image argentique et du laboratoire. J’ai besoin de me plonger dans un sujet pour le comprendre. Non pas pour faire de l’anthropologie, de la sociologie ou de la philosophie au plateau mais parce que j’ai besoin de comprendre le sujet que je traite, pour comprendre ma place et la manière dont cela peut être abordé. J’ai besoin de matière, de toucher. J’écris une danse à partir d’images.

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
Ce n’est pas facile parce que je crois que, quand elle me fait peur, j’essaye de l’évacuer. Quand elle serait pour moi bénéfique et qu’elle n’est pas là, elle me manque.

Ton jardin préféré ?
Le jardin potager.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
Celle qui serait inaccessible.

A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
Cette question adresse la responsabilité du choix à l’autre/aux autres. Je la trouve étonnante. Mais il y a un endroit qui me dérange. Cela peut signifier « je ne prends aucuns risques », ou « cela ne m’intéresse pas ».

J’ai beaucoup abordé la question du portrait et de la représentation de soi. Je dirais donc : « Quelle représentation tu te fais de moi ? ».


site de la compagnie


© Manon Avram

JONAS CHÉREAU
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Arts vivantsDanse

JONAS CHÉREAURÉVERBÉRER

SESSIONS
30 JUIN, 2, 7 ET 9 JUILLET DE 10H À 12H

SORTIE DE RÉSIDENCE
MERCREDI 14 JUILLET

SESSIONS
30 juin, 2, 7 et 9 juillet de 10h à 12h

SORTIE DE RÉSIDENCE
mercredi 14 juillet


R É V E R B É R E R est un espace où l’on prend soin des nuances, où les corps renvoient de la lumière et reflètent des ombres, un lieu qui défend le droit à l’obscurité et qui ne renonce pas à l’harmonie. Un endroit où la danse et la lumière sont indissociables.


Conception : Jonas Chéreau - Interprétation & Création lumière : Pauline Brun, Jonas Chéreau, Estelle Gauthier, Marcos Simoes


ENTRETIEN
Jonas Chéreau

Résidence de création – Danse – Juillet 2021

Poids ?
Je ne connais pas mon poids, car je n’ai pas de balance chez moi. Par contre, je sais que parfois je peux être très lourd ou très léger. C’est un peu variable.

Quelle est la genèse du projet ?
Réverbérer part de l’idée de s’intéresser aux sensations que procure la lumière, tant émotionnellement que physiquement. C’est cette chose simple d’observer comment la lumière vient nuancer les choses et parfois les rendre plus complexes.

Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ?
Il y a plusieurs raisons. J’ai vraiment aimé la manière dont on m’a amené à venir au 3 bis f, comment on m’y a invité. Ensuite, je trouve très inspirant le fait que ce lieu soit inscrit dans la société. Il y a aussi un intérêt, par rapport au fait d’aller dans le sud. Je vis en Belgique, dans une ville du nord (Bruxelles) et venir ici convoque un rapport différent à la lumière, qui va nourrir le projet.

Comment travailles-tu ?
Je travaille de manière empirique, très en lien avec mon intuition. En général, au bout d’un moment, l’objectif se resserre pour créer un lien entre des mots, des actes, des gestes, des danses afin de les faire résonner les unes par rapport aux autres. J’aime observer comment les choses se cognent les unes aux autres !

Comment cohabites-tu avec ta folie ?
En habitant mes paradoxes.

Ton jardin préféré ?
Un ciel étoilé.

Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ?
La langue des signes.

A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ?
Pourriez-vous dire à l’envers « à voir de vous » ?


site de l’artiste