Maurin Ollès | La Crapule

Vers le Spectre

SORTIE DE RÉSIDENCE vendredi 19 mars à 15h SESSIONS jeudi 18 février de 14h à 16h Résidence de création théâtre - février & mars 2021 Avec Vers le spectre, Maurin Ollès aborde la question de l’autisme du point de vue des familles et des professionnels qu’elles rencontrent au fil des jours : les éducateur.ices, le personnel soignant et les enseignant.e.s. Il nous parle des bouleversements qui jaillissent de ces parcours imprévisibles et inadaptés. Il nous est offert d’éprouver la relativité du regard normatif dans un contexte institutionnel qui tend sans cesse à conditionner notre regard sur l’extraordinaire. Mise en scène Maurin Ollès Avec Clara Bonnet, Gaspard Liberelle, Gaël Sall, Bedis Tir, Nina Villanova Composition musicale Bedis Tir - Lumière Bruno Marsol - Vidéo Mehdi Rondeleux & Augustin Bonnet - Costumes et scénographie Alice Duchange - Régie générale Clémentine Pradier - Administratrice de production Julie Lapalus avec le regard de Lucas Palisse, intervenant spécialisé autisme ENTRETIEN Maurin Ollès Résidence de création - Théâtre - Février & mars 2021 Poids ? Je crois que j’ai pris un peu de poids pour passer l’hiver mais je serai moins volumineux cet été ! Quelle est la genèse du projet ? Cela s’est fait par la rencontre avec Lucas Palisse, éducateur travaillant auprès de personnes autistes. J’avais l’envie de faire un spectacle sur les éducateurs, avec en tête, la figure de Fernand Deligny qui, dans son parcours, a débuté auprès des délinquants puis de personnes autistes. En m’intéressant à l’autisme et en suivant Lucas Palisse dans ses journées de travail, je me suis rendu compte que l’autisme est un univers très vaste. J’ai décidé de m’y consacrer pleinement. Après une réflexion sur la délinquance, l’autisme, peut-être, par la suite, l’addiction, je m’intéresse à la question de la prise en charge. Comment s’occupe-t-on de ces gens qui sont socialement un peu à part, un peu marginaux. Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ? J’avais connaissance de ce type de projets liant culture et psychiatrie dans divers endroits en France. C’est la dimension d’immersion qui m’a intéressée au 3 bis f. J’y accorde une place très importante dans mon travail. En plus d’être un endroit d’immersion implanté dans un hôpital psychiatrique, le 3 bis f ouvre l’opportunité d’être accompagné de près par une équipe spécifique et cela me plait beaucoup. Comment travailles-tu ? Je dirais que j’essaie d’abord de me nourrir de plein de choses. Je me nourris à la fois d’une matière réelle, c’est-à-dire que je regarde des documentaires, je vais rencontrer et j’échange avec des personnes qui ont un rapport avec mon sujet… Et puis je regarde des films, je vais au théâtre, je lis des livres. J’essaie d’accumuler beaucoup de matière pour ensuite passer à l’écriture. Concernant ce travail, j’écris en premier lieu une trame de fiction (puisque mon but c’est quand même de raconter une histoire). Ensuite nous passons au plateau avec les acteurs. Je leur donne la trame, ils improvisent à l’intérieur de cette trame et nous écrivons le texte tous ensemble. Comment cohabites-tu avec ta folie ? Je crois que je ne me trouve pas assez fou. J’arrive à voir la folie des gens qui m’entourent et généralement c’est ça qui me plait chez eux. Pour ma part, j’ai parfois l’impression d’être un peu trop normal et, même s’il ne s’agit pas de le fabriquer, j’aimerais être plus bizarre. Par moment je réfléchis à des trucs qui ne sont vraiment pas intéressants, conditionnés par le monde dans lequel je vis. J’aimerais réussir à m’extraire un peu plus de tout ça ! D’ailleurs, j’ai l’impression que j’avais plus de folie quand j’étais plus jeune. J’avais plus de facilité à faire des choses sans me soucier de ce que les gens allaient penser. Aujourd’hui je me sens plus bloqué dans ma folie. Et dans ma liberté peut-être. Alors, bien sûr, il ne s’agit pas d’avoir un rapport fasciné à l’autisme, mais malgré tout je suis sûr qu’il y a des tas de choses à prendre et à apprendre des personnes autistes dans leurs rapports aux autres, qui sont peut-être par moment plus authentiques parce que dénués d’intérêts matériels. Ton jardin préféré ? En ce moment c’est un endroit où je peux faire la cuisine. Un endroit plutôt bien équipé et dans lequel j’ai tous les ingrédients sous la main. Avec de la citronnelle et de la coriandre. Et des livres de cuisine. Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ? Elle n’est pas facile celle-là. Qu’est-ce qu’ils ont répondu les autres ? Je vais essayer de ne pas penser… Disons, la langue portugaise. A quelle question répondrais-tu « à vous de voir » ? À une question qui me demande de me décrire, de décrire ma personnalité. SITE DE L'ARTISTE Visuel © Lucal Palen