MAYA SCHWEIZER

Si je me rendormais encore un peu pour oublier toutes ces bêtises.

Résidence de création Exposition Du 25 novembre au 16 décembre Vernissage le 25 novembre à 18h30 Dessins, photos, vidéos En partenariat avec Centre d’Art Westfälischer Kunstverein Munster - Allemagne Si je me rendormais encore un peu pour oublier toutes ces bêtises. Maya Schweizer présente au 3 bis f un travail de dessins, broderies et photographies. Avant de venir en résidence, elle s’est documentée sur la thématique de l’enfermement et l’histoire des femmes internées. Elle a consulté le livre concernant la Collection Prinzhorn et plus particulièrement le catalogue de l’exposition : « Irre ist Weiblich » : la folie est féminine. Cette exposition présentait des objets réalisés par les femmes durant leur internement : vestes brodées, draps et housse de couette sur lesquels elles ont brodé leurs histoires, comme sur les seuls espaces personnels à leur disposition. De là est née l’idée d’exposition sous la forme d’une collection, d’une récolte d’objets détournés, d’une fiction du lieu. Enfin une fois dans le lieu, c’est le thème de l’enfermement tel qu’il est présent dans la Métamorphose de Kafka, qui l’a guidé. Elle a alors développé l’absurdité d’une situation. Le titre de l’exposition reprend une phrase de ce texte : Si je me rendormais encore un peu pour oublier toutes ces bêtises. Elle a gardé cette idée qu’on pourrait effacer la réalité à l’aide du sommeil. A partir de ces recherches, de ces images préalables, elle a entamé une réflexion et un travail in situ durant une résidence de deux mois. Ce travail met en scène ce qu’on imagine trouver dans un lieu, ce qu’on y trouve en réalité. En parallèle à ce travail, elle a proposé un atelier à tout public, à partir de la perception, croisant des points de vue différents, permettant d’élaborer visuellement le lieu. Voir et reprendre, redessiner de mémoire, restituer. Ce travail d’atelier a permis de valider une manière de travailler et de regarder ce lieu. La force du lieu nécessite une attention particulière, une attente qui nous met en suspend, et c’est ce mouvement qui nous entraîne vers la fiction. Nous opérons un déplacement et nous trouvons en dehors du quotidien, dans une situation qui confère à l’absurde. La réalité du lieu sur lequel nous avons porté intensément notre regard et notre intention fait apparaître un côté « exotique », poétique, pourtant familier, normal (pas tout à fait le même et pas tout à fait un autre). Et cette réalité transformée par la fiction devient en quelque sorte notre réalité quotidienne. Ailleurs n’est pas peut-être plus normal qu’ici. Nous n’arrivons pas vraiment à trancher, nous sommes ici réellement mais en fait dans une fiction etc. Nous sommes entre les deux. Nous avons à nous défaire de nos clichés ou en rire, nous détacher de nos savoirs faire, arrêter d’essayer de comprendre les images. Voir avec humour ce qui se présente à nous. Maya Schweizer c’est l’artiste/chercheur, qui trouve des éléments, les met en scène, tente une interaction et une interprétation, mais sans avoir décidé de ce qui est le plus important, ce qui est le point de départ. Cela donne une impression générale dans laquelle nous tentons de faire vivre les images que nous avions construites au préalable. Ces diverses impressions que nous déplaçons avec nous dans le lieu rencontrent dès l’entrée de l’exposition des photographies, une série de tiroirs de femme, dans lesquels colifichets, lunettes de luxe et souvenirs divers se côtoient et s’emmêlent dans un désordre d’usage, tiroirs ouverts et fermés quotidiennement. C’est en fait le même tiroir, qui semble photographié à des moments différents sans que nous puissions dire combien de minutes, de jours ou d’années, se sont déroulés entre ces prises de vue. Il s’agit en fait d’une référence cinématographique, une succession d’images zoomées. C’est ensuite une photo d’un livre d’art, sur lequel à droite est reproduit un tableau de Goya, peintre espagnol du 19es, les vieilles et sur la page de gauche une femme vêtue de blanc, courbée et en attente. Les vieilles portent un livre où est écrit “Que tal ?“ qui signifie comment allez vous. Les vieilles sont parées, maquillées outrageusement, pratiquement momifiées dans leurs atours. Elles sont vaniteuses et hors du temps. Ces photos sont plutôt du registre de l’input, c’est-à-dire qu’elles apportent avec elles des indications extérieures, des informations supplémentaires à la lisibilité de l’exposition. Elles nous invitent à débuter un cheminement dans l’exposition, à jouer avec le temps. Elles indiquent un point de vue extérieur et par conséquent une nécessité de se positionner, de se situer face à ce qu’on voit, dans ce lieu. Ce que nous voyons de manière générale est le fruit d’un long cheminement, d’une culture d’apprentissage, de lectures de textes et d’images, d’utilisation (apprentissage et usage) de notre regard sur les choses, les événements, les personnes... Marie-Louise Botella Novembre 2010 Atelier : Faire clichés Atelier dessin, photo, vidéo 18 octobre, 4, 5, 12 et 18 novembre de 10h à 12h et de 13h30 à 15h30 Avons-nous une vue "objective" du réel ? Comment voit-on ce qu’on voit ? Il s’agira de rendre compte de ces questionnements à partir d’un travail de dessin, de photographie ou de vidéo. Pour plus de renseignements sur le travail de Maya Schweizer : http://www.mayaschweizer.com/