KO.COM I MANON AVRAM

Steps

SESSIONS Jeudi 20 mai de 14h à 16h Mardi 25 mai de 10h à 12h SORTIE DE RÉSIDENCE Jeudi 27 mai à 20h STEPS est entièrement construit autour du documentaire « Des spectres hantent l’Europe », de Maria Kourkouta, réalisé en 2016 dans un camp de réfugiés à Idoméni, petite ville en Grèce à la lisière de la frontière avec la Macédoine. En laissant parler les corps, c’est avant tout un regard poétique et politique, sur l’histoire de la migration qui nous est proposé par le film. La pièce chorégraphique tente de restituer ce/ces regard-s au plateau, avec seulement deux femmes et une centaine de chaussures. Avec : Fanny Avram et Mélanie Vénino - Chorégraphie : Manon Avram - Musique : Jérome Lapierre - Scénographie plastique : Collectif KO.com - Regard Extérieur : Maria Kourkouta Poids ? « À vous de voir ». Quelle est la genèse du projet ? Il prend sa source en 2015, à travers des entretiens et des ateliers menés avec de jeunes femmes syriennes. Dans la force de la rencontre se sont posées deux questions : celle des frontières au sens large du terme, qu’elles soient visibles où non, entre les pays ou dans le rapport entre les individus, et la question du témoignage au plateau. Que faire de témoignages absolument extraordinaires ? Comment les amener au plateau sans être dans une forme d’instrumentalisation ? Progressivement j’ai souhaité éprouver ces questions en travaillant avec des professionnels, comédiens et danseurs, qui n’avaient pas vécu ces expériences. L’une des entrées possibles était d’aborder les témoignages à travers le corps plutôt que par la parole. De là est née une pièce : « Quand on se retrouve chacun reprend sa place ». Durant cette période, j’ai beaucoup lu. Je suis tombée sur un ouvrage de Georges Didi-Huberman , " Passer, quoiqu’il en coûte" , qui traite du film documentaire « Des spectres hantent l’Europe » de Maria Kourkouta. J’ai été absolument portée par ce film. J’ai cherché à rencontrer la réalisatrice avec un fort désir d’amener ce film vers le plateau. La pièce qui en découle s’appelle STEPS. C'est une pièce pour 100 paires de chaussures et deux danseuses. La place des chaussures est primordiale, comme elle est primordiale dans le film. Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ? Il y a, pour moi, une vraie histoire avec le 3 bis f car cela fait la 3ème ou 4ème fois que je viens et c’est un espace de travail que j’affectionne profondément. Il résonne aussi à la question de la fragilité des frontières. Michel Agier, anthropologue associé au projet STEPS, parle des camps qui accueillent les réfugiés comme des espaces « entre ». La frontière n’est pas une ligne. Les deux endroits interagissent et créent un monde nouveau. Comment travailles-tu ? Je travaille de manière très artisanale. Mon premier métier étant la photographie, je viens de l’image argentique et du laboratoire. J’ai besoin de me plonger dans un sujet pour le comprendre. Non pas pour faire de l’anthropologie, de la sociologie ou de la philosophie au plateau mais parce que j’ai besoin de comprendre le sujet que je traite, pour comprendre ma place et la manière dont cela peut être abordé. J’ai besoin de matière, de toucher. J’écris une danse à partir d’images. Comment cohabites-tu avec ta folie ? Ce n’est pas facile parce que je crois que, quand elle me fait peur, j’essaye de l’évacuer. Quand elle serait pour moi bénéfique et qu’elle n’est pas là, elle me manque. Ton jardin préféré ? Le jardin potager. Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ? Celle qui serait inaccessible. A quelle question répondrais-tu « A vous de voir » ? Cette question adresse la responsabilité du choix à l’autre/aux autres. Je la trouve étonnante. Mais il y a un endroit qui me dérange. Cela peut signifier « je ne prends aucuns risques », ou « cela ne m’intéresse pas ». J’ai beaucoup abordé la question du portrait et de la représentation de soi. Je dirais donc : « Quelle représentation tu te fais de moi ? ». site de la compagnie © Manon Avram