REBECCA DIGNE

METODO DEI LOCI

EXPOSITION Du 26 juin au 28 août VERNISSAGE·BRUNCH Samedi 26 juin de 11h à 13h SESSIONS Les mercredis 6 janvier, 17 février et 17 mars de 14h à 16h Le corps est parlé avant d’être parlant. La langue nous précède et nous constitue. Ce que je définis comme langue maternelle, ce n’est pas le chinois, l’anglais, ce n’est pas la langue “géopolitique”. Ce qui m’intéresse est de penser la langue maternelle comme une matière, une matière d’échange. Un lien qui peut être nourricier ou un noeud qui peut s’avérer aride. Cette matière constitue les fondations de chacun. ENTRETIEN Rebecca Digne En résidence de janvier à juin Poids ? Le poids des mots. Quelle est la genèse du projet ? L’expérience personnelle de la maladie d’Alzheimer et ses conséquences sur la réalité qui ont transformé ma pratique artistique. Le projet a commencé à Rome à la Villa Médicis où j’étais partie tourner un film, puis il est devenu tentaculaire. Il se compose désormais en chapitres. Mon père souffrant de cette maladie, mes recherches se sont orientées vers cette maladie neurologique, pour moi il y a une analogie fondamentale entre le cerveau et la chambre noire. Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ? Ce projet s’inscrit vraiment dans un espace architectural. Il s’inspire du Palais de la mémoire, constitué de sept chambres, dans la tradition grecque ancienne : c’est un système mnémotechnique pour se souvenir de récits longs, alors que l’on ne pouvait à l’époque se servir facilement de papier pour prendre des notes. Le 3 bis f, ancien pavillon de force pour femmes, m’est apparu comme un lieu évident pour penser la maladie, le lien était clair. C’est la salle de théâtre qui m’a donner envie d’investir le 3 BIS F. À mes 17 ans, je travaillais dans le spectacle vivant avec le Cirque Invisible de Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin. Mes œuvres vidéo sont des performances filmées. J’ai aujourd’hui envie de me confronter à œuvre vivante en présence d’un public. Le 3 bis f est l’échelle pour cela, comme lieu d’expérimentations. Un lieu pour faire quelque chose que je n’ai jamais fait. Comment travailles-tu ? Je vois, je vis quelque chose de la réalité. Pour ce projet, il y a eu le livre L’Asile de Patrick Mac Grath. C’est l’histoire, dans un hôpital psychiatrique aux États-Unis, de la femme d’un médecin qui tombe amoureuse d’un patient. Comment cohabites-tu avec ta folie ? La folie est poreuse, on l’entrevoit lorsque l’on est dans le non-comprendre. Au moment où les choses nous dépassent. C’est notre rapport à notre limite. On en a besoin pour avancer, pour apprendre. Ton jardin préféré ? Le jardin de la Villa d’Este près de Rome à Tivoli : un jardin construit de fontaines et de bassins, fait de mondes inquiétants et magiques. Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ? Joker ! A quelle question répondrais-tu « À vous de voir » ? Êtes-vous une femme libre ? site de l'artiste