PAULINE BRUN

RAIDE D’ÉQUERRE

SESSIONS 23, 25 et 30 mars de 10h à 12h SORTIE DE RÉSIDENCE Jeudi 1er avril à 15h et 19h L’expression « raide d’équerre » pointe avec ironie ce qui se plie, frise, penche, flanche, titube. Dans ce spectacle, Pauline Brun creuse les altérations et les écarts dans le réel pour construire, dans la fiction, d’autres formes d’altérités. Concept, chorégraphie et scénographie : Pauline Brun - Performance : Pauline Brun et apparitions des collaboratrices.eurs - Création son : Diane Blondeau - Création lumière : Florian Leduc - Dramaturgie : Céline Cartillier - Assistante : Valérie Castan ENTRETIEN Pauline Brun Résidence de création – Danse – Mars, avril 2021 Poids ? « chiche ». J'ai finalement procédé avec une méthode avec laquelle je travaille qui est de regarder la définition du mot : « objets lourds utilisés pour certains entraînements physiques ». Quelle est la genèse du projet ? Raide d’équerre s'inscrit dans la continuité des différentes propositions que j'ai menées jusqu'ici. Ce projet assemble deux disciplines que je pratique : l'art plastique et la chorégraphie. Il cherche à explorer d'autres formes d'altérité. Pour cela, je passe par des formes d'hallucination ou de vérification d'existence des choses. Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ? C'est un lieu qui m'intéresse parce qu'il met en relation ces deux champs que sont les arts visuels et vivants. Ce qui me rend très curieuse de ce lieu, c'est le fait qu’il crée des liens entre l’hôpital psychiatrique et un public plus large. Que ce lien puisse être un processus qui se partage, qui s’expérimente. Comment travailles-tu ? J’ai une manière de travailler assez empirique. Il y a une articulation, une espèce de logique interne, un lien de cause à effet dans l'ensemble de mon travail. Une logique, non pas illogique mais plutôt absurde, une logique propre. Je regarde avec attention ce qui apparaît dans le « faire », ce qui peut être de l'ordre de l’accident, qui est récupérée, re-pratiqué, écrit, maîtrisé. Puis, qui donne une chose nouvelle. C'est un chemin. C'est aussi un travail d’équipe. Quand on travaille ensemble, ce qui est important pour moi c'est qu'il y ait une forme d'horizontalité des échanges à tous les endroits. On débat, on n'est pas forcément d'accord, on rit. C'est un espace de collaboration où découvrir de choses que l’on ne pouvait pas anticiper. Comment cohabites-tu avec ta folie ? Je vois ça comme un terrain de jeu et d'exploration. Cette question me fait penser à un précédent projet, Étalon, une série de vidéos et de performances qui parlent de mesures et de normes que l’on viendrait questionner. Il s'agit de trouver de la distorsion, de questionner le standard. Cela se poursuit dans Raide d’équerre où il est question de la distorsion du rapport au temps, à l'espace, à son corps, au corps de l'autre, sur de nombreux niveaux de relations. C'est aussi un travail qui s'intéresse à l’inefficacité, à l'absurde, à construire un corps qui serait un peu contre-productif. Ton jardin préféré ? Ce qui m'est venu tout de suite c’est Jardin de Yûichi Yokoyama, un dessinateur de BD. Je le trouve incroyable. C’est le jardin qu'on projette : un jardin sans fin, une zone d’exploration, une curiosité qui se transforme en permanence. Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ? Ma première réponse, spontanée, serait celle d’un dinosaure herbivore. La seconde serait une langue qui ne serait peut-être pas de l'ordre de l'oralité mais davantage du côté du silence et de l’action. A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ? « Est-ce que vous préférez avoir un bras en mousse ou une jambe en bois ? » Site de l'artiste © Mélissa Boucher