CIE SHONEN

HIKU / INFANTE

COMPAGNIE EN CONNIVENCE POUR LA SAISON SESSIONS Hiku Jeudi 18 février de 10h à 12h Mercredi 21 juillet de 14h à 16h SORTIE DE RÉSIDENCE Hiku Vendredi 19 février à 20h SESSIONS Infante Samedi 15 mai de 14h à 16h SORTIE DE RÉSIDENCE Infante Mardi 18 mai à 20h (sous réserve) HIKU Conception : Eric Minh Cuong Castaing, Anne-Sophie turion "Hikikomori" est un mot japonais qui désigne l’état social et familial de personnes qui vivent coupées du monde et des autres, cloîtrés le plus souvent dans leurs chambres pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Entre installation et expérience performative, HIKU crée les conditions d’une rencontre à priori impossible : celle des spectateurs et de ces individus qui ont fait l’expérience d’un retrait social radical. INFANTE Conception, chorégraphie : Eric Minh Cuong Castaing - Assistant chorégraphe : Gaëtan Brun-Picard - Dramaturge : Marine Relinger - Plasticienne, scénographe : Anne-Sophie Turion, Pia de Compiègne Pièce chorégraphique au croisement de la danse, d’un concert et de l’art vidéo, Infante connecte en temps réel, par skype, 4 enfants danseurs à un groupe d’enfants ougandais, les musiciens Wakastarz, qui additionnent des millions de vues sur youtube. En jeu, une rencontre et un défi spontané, par lequel les pratiques et les créativités devront s’augmenter les unes les autres en vue de la réalisation d’un “double spectacle” : Un spectacle se jouant de part et d’autre de l’écran en direction de deux publics simultanément présents, en France/Europe et en Ouganda/Afrique. INFANTE – projet lauréat Tridanse Entretien Erinc Minh Cuong Castaing & Anne-Sophie Turion Artistes en connivence pour la saison 2020 - 2021 AUTOUR DU SPECTACLE HIKU Poids ? AST : Plume ! EMCC : 25 kg c’est le poids d’un robot de télé-présence. Quelle est la genèse du projet ? AST : La découverte des Hikikomori, des personnes qui se mettent en retrait du monde pendant des années. Cela se passe au japon principalement mais pas uniquement. Nous avons présenté ce projet dans le cadre de l’appel à résidence de la villa Kujoyama, ce qui nous a permis d'ouvrir ce travail sur place. EM : Pour moi, ces personnes en retraite volontaire font écho à un choix plus ou moins inconscient. À quel moment peut-on faire une retraite ? Avant d’être chorégraphe j’étais dessinateur, je dessinais pendant des heures, des jours, sans sortir. J’étais fasciné par l’univers des mangas et notamment celui des Otakus (Personnes obsédées par un hobby,notamment les manga ou les films d'animation...) Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ? AST : J’ai, pour ma part, la chance de connaître le 3 bis f pour y avoir été en résidence pendant un an. Pour ce projet, cela nous paraissait juste de venir travailler ici. En tant qu’artistes qui manipulons plusieurs disciplines entre les arts visuels et la performance. Cette perméabilité existe sur la question des disciplines mais aussi dans la porosité avec toutes les personnes qui passent au 3 bis f. Pour ce travail qui parle de fragilité psychologique, c’est une manière douce d’être en contact avec des personnes qui ont aussi des fragilités, ou non, cela rentre en résonance forte. Comment travaillez-vous ? AST : Nous nous rejoignons sur un mode de travail contextuel qui s’attache à une réalité très spécifique. Ici, cela s’est fait dans la rencontre de ces personnes, les Hikkikomoris, qui a été permise grâce à ce premier séjour au japon. Toute la pensée du dispositif, de la dramaturgie est née autour de ces rencontres, des temps passées avec eux, également du travail mené sur place avec une association qui aide à leur réinsertion. EM : Dans ce type de projet, quand on est en contact avec des personnes en dehors de l’institution de l’art, et voir dans des situations de vulnérabilité. Nous sommes dans une écoute réciproque. Nous redimensionnons nos pratiques, le calendrier constamment au rythme du développement de la relation avec l’autre. C’est aussi cela qui est passionnant : comment composer avec ce paramètre humain, qui est la vie, à une échelle d’un projet sur deux, trois ans, voir plus... Pour moi, cela résonne vis-à-vis de mon attachement à la question de la vulnérabilité, de l’interdépendance, pour Anne-Sophie, celle de l’intime, du récit. Comment cohabites-tu avec ta folie ? EM : À la fois en tant qu’artiste et dans ma vie, ma folie, c’est de produire toujours, de remplir mes journées, notamment par le travail. Comment être présent au quotidien dans la relation avec ses proches, avec les personnes avec qui on travaille et en même temps développer de multiples projets sur trois à quatre ans. C'est une gymnastique perpétuelle. Une pensée qui me traverse en ce moment, est celle d’Edouard Glissant « agir en son lieu, penser le monde » AST : Cela se passe mieux quand j’aère ma folie, quand je la déconfinne, quand je fais circuler les choses, quand je la mets au contact d’autres folies, d’autres gens, d’autres paysages. Ma technique c’est de rouvrir, de faire rentrer de l’air. Faire de l’art. Je pense que c’est quand même un endroit où on peut exprimer librement une forme de folie, une forme d’obsession. Ton jardin préféré ? AST : Je vais répondre un peu à côté. Moi mon jardin préféré, c’est celui dans lequel je rentre tous les soirs à minuit et dont je sors aux environs de huit heures du matin. EM : C’est un jardin que nous avons vu ensemble, quand nous étions en résidence à la Villa Kujoyama. Un jardin d’intérieur zen, dans un temple shintoïste à Kyoto. Un jardin humide, pas minéral où on a l’impression, depuis une fenêtre d’intérieur, de regarder tout un monde miniature avec des arbres qui semblent rentrer dans l’œil, dans la composition. Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ? AST : Le japonais. Je pense que j’ai découvert cette langue lors de ce déplacement en février. Elle est tellement musicale et tellement belle. EM : C’est un souvenir de volontariat dans une réserve indienne Navarro au nouveau Mexique, aux Etats-Unis. Je suis tombé par hasard sur un discours lors d’une réunion de communauté, un discours politique d’un vieux sage Navarro. C’était le ton d’une revendication, d’une dignité. C’est une langue inconnue qui est dans musicalité dans sa mythologie. C’est ce qui peut me faire déplacer. AUTOUR DU SPECTACLE INFANTE Poids ? Trois méga par seconde, c’est le minimum pour avoir une bonne connexion pour réaliser un concert à distance. Quelle est la genèse du projet ? C’est la rencontre avec les Wakkastarz, des enfants musiciens vivant dans la banlieue de Kambala en Ouganda. Ils font des millions de vues sur YouTube à partir d’une musique géniale, hyper créative, Reggae, Reggaeton, Afrobeat, recyclant des éléments trouvés dans leur village pour en faire des instruments. Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ? Le projet s’inscrit dans le dispositif Tridanse qui réunit quatre lieux : le 3 bis f, le Citron Jaune, le Vélo Théâtre et le Théâtre Durance. Nous le menons avec une communauté d’enfants marseillais qui doivent se connecter biais d’un grand écran skype avec des enfants, les Wakka stars, pour faire un concert ensemble. Dans ce projet protéiforme, entre spectacles de danse et concert retransmis en direct par Internet, nous souhaitons tester différentes configurations scéniques dont la salle de concert, un grand plateau de théâtre, la rue et dans la confrontation avec différents publics. Ce parcours de résidences est propice pour cela ! Comment travaillez-vous ? Nous sommes plusieurs dans un projet qui existera entre l’Afrique de l’Est, l’Europe, l’Ouganda, la France, Wakali et Marseille. Cela pose beaucoup de questions sur la circulation des danses, entre le contexte français et ougandais, et d’horizontalité dans le dispositif scénique. Nous avons traversé ces sujets qui sont partagés, en ping-pong avec la dramaturge Marine Relinger, avec Gaetan brun Picard qui s’occupe de l’aspect pédagogique, et Anne Sophie Turion/Pia de Compiègne sur l’aspect plastique du spectacle, avec les enfants marseillais et avec les Wakastarz pour trouver un dialogue sur scène qui évolue de la battle, la complémentarité, à la fusion. Le ping pong ça va être le nerf, le muscle de ce projet. La première forte idée est que nous souhaitons construire un double spectacle simultané. Dans le théâtre français, il y a un public français qui regarde la scène avec les enfants marseillais et l’image des Wakastarz, et du côté physique des Wakastarz, en Ouganda, il y a un public ougandais qui regarde aussi de l’autre côté. Cela crée une adresse partagée dans les deux sens pour nous comme pour eux. A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ? Voir, cela évoque aussi l'image. Aujourd’hui on ne regarde plus simplement les images, les images nous regardent. Elles voient à travers des robots, des algorithmes qui analyse ce que l’on fait. Elles nous surveillent. Dans ce projet, les images se répondent. site de la compagnie Photographie © Kamila K Stanley