ANIMA THÉÂTRE

REBETIKO

REPRÉSENTATION Mardi 15 décembre à 19h [4,5 – 6 €] Conçu comme une odyssée, Rebetiko, nous emporte dans un voyage d’images, de marionnettes et de musique. L’histoire de ce genre musical populaire Grec, le Rebetiko, raconte aussi celle des hommes qui l’ont façonné au grès des vagues de migrations venues d’Orient des années 1920 à nos jours. Il est un pont entre Orient et Occident, une traversée dans l’espace et le temps. Des récits entrecroisés, portés, dans ce spectacle, par deux marionnettistes, un musicien-manipulateur doté d’une laterna (piano-mécanique) et différents procédés holographiques. Mise en scène : Yiorgos Karakantzas - Écriture : Panayiotios Evangelidis - Construction, marionnettes et accessoires : Demy Papada et Dimitris Stamou Cie Merlin Puppet Theatre - Vidéo : Shemie Reut - Compositeur/musicien : Nicolo Terrasi - Marionnettistes : Irene Lentini et Magali Jacquot. Dans le cadre de Momaix 2020 ENTRETIEN Yiorgos Karakantzas Résidence de création – Marionnettes – mars et décembre 2020 Poids ? Poids plume de bison. Quelle est la genèse du projet ? C'est inspiré de mon l'enfance et du temps vécu avec ma grand-mère. C'est l'histoire de son périple dans les années 20 de l'Asie mineure, d’Izmir vers la Grèce. Voilà la première inspiration du projet. C’est aussi une histoire de rencontre. Cela faisait un moment que j’avais croisé Panayiotios Evangelidis. Mon envie de travailler avec lui et son envie de travailler pour la marionnette nous a réunis. En découle cette naissance un peu hybride, ce format quasiment cinématographique avec un scénario de texte muet. Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ? C'est un espace qui me fait le même effet que la Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon. C’est un lieu apaisant. Un endroit où on peut créer tranquillement, se concentrer sur ce qu’on fait. Ce qui m'a vraiment touché et remué, c’est l’échange durant les ateliers. L’expérience artistique et la narration se reflètent dans les gens qui participent aux ateliers d'une manière qui les débordent. Si on fait ce travail, c'est aussi pour la part d'humanité que cela peut dégager. Le 3 bis f est un endroit sensible. Comment travailles-tu ? L’idée est de changer régulièrement mes habitudes, de travailler avec des gens qui peuvent métisser la vision du projet. Au démarrage, il y a souvent une idée qui vient de moi. Et puis, je pars rencontrer du monde, vivre des sujets, les traverser. L'idée est de créer avec d’autres artistes, comme Panayiotios que j’ai déjà cité, qui amènent leur esthétique et de nouveaux univers dans le rapport à la marionnette. Comment cohabites-tu avec ta folie ? Je fais de la marionnette depuis plus de 20 ans maintenant. La « folie » pour nous, les marionnettistes, c'est vraiment de se mettre à jouer avec des croix pour donner vie à tout ce qui passe entre nos mains. Avoir la conviction que tout peut être animé, que chaque objet peut raconter des histoires. Croire à la vie des objets. La marionnette prend en charge des choses qui nous dépassent. C’est un superbe outil, très libérateur. Ton jardin préféré ? Un jardin lié à mon enfance et l'enfance de mes enfants. C'est le jardin du petit appartement de mes parents en Grèce. Ce n’est pas un jardin magnifique mais c'est un endroit dans lequel on s'est tellement retrouvés, où on s’est vus grandir, jouer, patauger avec la terre. C’est un jardin d'émotions plutôt qu’un jardin de plantes. Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ? Cette question m’a beaucoup troublé. Je pensais à une grosse bestiole. Une panthère, peut-être. Mettre ma tête à l’intérieur de la gueule d’une panthère, pour voir ce qui s’y passe. C’est de l’ordre du fantasme, du danger, et puis j’aime beaucoup les gros chats. A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ? Je ne sais pas. À toi de voir. Joker ! site de la compagnie