ALEX GRILLO

VOIX D’AILLEURS

SESSIONS Mardi 22 septembre de 10h à 12h Mercredi 23 septembre de 14h à 16h Mercredi 7 avril de 14h à 16h SORTIE DE RÉSIDENCE Vendredi 25 septembre à 15h Vendredi 9 avril à 20h REPRÉSENTATION Mercredi 14 juillet Langues existantes et langues imaginaires, doubles et multiples... Voix d’ailleurs est l’aboutissement, sous la forme d’une pièce vocale, de collectes réalisés dans la région marseillaise. Elle nous parle de l’origine des mots, du visible et de l’invisible, du vécu et du devenir... Comment l’abstraction musicale peut-elle générer du sens ? Une tentative d'interroger la relation des phonèmes et de leur sens, ou plutôt de ce qu’ils provoquent comme polysémies. Compositeur, directeur du projet : Alex Grillo - Auteure, interprète : Edith Azam - chanteur, chef de chœur : Alain Aubin - chanteuse, chef de chœur : Brigitte Cirla -& Chœur d'amateur.trice.s. ENTRETIEN Alex Grillo Résidence de création - Musique - septembre 2020 & avril 2021 Poids ? On pourrait imaginer une relation entre mon poids et le poids du projet tel qu'il existe dans mon désir de le faire advenir. La place qu'il a prise dans ma vie depuis le temps que j’y travaille. Je n'ai jamais fait le lien, mais on peut imaginer ou inventer un lien entre mes 83 kg et toute cette réflexion, ces projections que j’ai faites… Quelle est la genèse du projet ? C’est la suite d’un travail réalisé en 2015 : un projet de fanfare vocale pour l’espace public, non chanté, avec uniquement de la voix parlée. Une première collaboration avec Brigitte Cirla et l'auteure Edith Azam. Nous étions très content du résultat, mais pendant le travail, j'ai dû abandonner certaines choses. À l’issue de cela, j’ai eu envie de travailler une forme avec des chanteurs professionnels. La forme s’est confirmée - 4 personnes au plateau - l'auteure, moi-même et deux chanteurs. A cela s’ajoute un chœur amateur d'une vingtaine de personnes, accompagnés par un traitement électronique. Pourquoi le 3 bis f pour ce projet ? Le 3 bis f permet l'exploration. C'est luxueux, de nos jours, d'être accueilli une "institution" (au sens noble du terme) qui permet aux artistes de répéter, de chercher, de se rencontrer. Le 3 bis f permet surtout cette phase très importante – qui, en ce qui me concerne, allège le projet - où l’on débarque sans avoir aucune idée de ce que l'on va faire. On parle des phonèmes, des voix, de la voix, des voix d'ailleurs. Ces rencontres, comment vont-elles s’agencer, se fabriquer ? Nous nous laissons aller aux questionnements. C’est génial, un grand bonheur. Comment travailles-tu ? En tant que créateur, c'est une chose et en tant qu’ouvrier de la musique, c'est autre chose. L’ouvrier de la musique se farcit des dossiers, fait des gammes sur son instrument, avale des logiciels MAO. Le créateur est lié à ce qu’on peut appeler l'inspiration, bien que ce mot nous perd parfois dans ses méandres sémantiques. Et puis il y a bien entendu les échanges avec les autres qui permettent d’avancer ainsi qu’une méthodologie qui s'est inscrite grâce aux cinq périodes de résidences : au 3 bis f, au GMEN et au PIC Télémaque. Comment cohabites-tu avec ta folie ? C’est la poésie qui me plaît. C’est ce décalage poétique qui s’installe en soi et qui nous ouvre sur une perception singulière du monde et qu’on appelle parfois « folie ». Dans les conventions, on est fatalement tenu par nos habitudes, notre condition sociale, nos relations etc. C'est compliqué de dire : « je suis dans la poésie, arrêtez tout ! » ou « foutez moi la paix avec ma folie ! » et d’imposer : « stop ! laissez-moi rêver. » Ton jardin préféré ? Celui qui est secret. Après, il est un peu enfermant ce jardin secret car on tourne on tourne en rond en soi même. Je suis très content de profiter des jardins des autres, avoir de la verdure sous les yeux, mais ne pas m’en occuper. J'aime le jardin des autres, aussi au sens figuré. Je m'intéresse beaucoup aux gens. Ce qu’ils cultivent depuis leur jardin me nourrit. Je suis fasciné par la complexité de l'être humain. Quelle langue voudrais-tu chatouiller avec tes cils ? Une langue que je ne comprends pas, dont le sens m’échappe. Ce sont les meilleures puisque je m'intéresse aux sons, à la musique de la langue. A quelle question répondriez-vous « A vous de voir » ? Quel est l'aboutissement de votre travail ? © Quentin Houdas