CHRISTELLE HARBONN

ARTISTE EN AFFINITÉ

Nous avons invité sur le principe d’un accueil d’artiste “en affinité“ Christelle Harbonn, metteur en scène de la compagnie Demesten Titip. En affinité, c’est-à-dire en partenariat avec la démarche d’une artiste durant toute une saison. Le déclinant sous plusieurs formes : propositions d’ateliers, regards croisés sur la programmation, échanges artistiques, construction d’une solidarité de sens ... « Avant d’être en capacité de produire d’époustouflants objets qui ne demandent que nos yeux pour atteindre toute leur dimension transcendantale, les artistes se grattent la tête, fument des clopes, regardent le vide et inversement avant que, lentement et dangereusement, matières, intimité et idées s’entrelacent. Certaines personnes ont noté que le privé est politique ; de la même manière, les artistes travaillent à ce que les matières, l’intimité et les idées qu’ils “manipulent“ soient chose publique, afin que les objets qu’ils veulent présenter ne soient pas un vase clos ne regardant qu’eux-mêmes. C’est réussi, c’est raté, nos coeurs et nos cerveaux s’esbaudissent ou s’endorment en râlant d’avoir perdu temps et monnaie pour une croûte qui ne ressemble en rien à ce qui nous ressemblent ou à ce qui nous est étranger. L’artiste n’a plus qu’à retourner fumer des clopes et à se laisser regarder par le vide, jusqu’à ce qu’autre chose, ou la même chose en mieux, recommence. Le 3 bis f est cette espèce d’hétérotopie insolite où l’artiste peut gambader à travers champs artistiques et psychiatriques, fumer des clopes, manger à la cantine, tailler une bavette avec un membre de l’équipe ou rester seul dans sa chambre à regarder le plafond, travailler dans une salle ou assis à un petit bureau, tricoter sensible et sens avec les participants de leurs ateliers, faire une foultitude d’essais ratés ou réussis, mais avoir tout loisir ou presque de recommencer, sans avoir à prendre un plomb fatal qui signifierait son échec en temps qu’humain qui ne sait pas métaphoriser sur le monde. L’échange entre artiste et spectateurs demande alors une délicatesse réciproque ; celui qui crée l’objet à venir et qui ouvre ses portes avant qu’il soit devenu public et celui qui regarde doivent établir une sorte de confiance, exclure le mépris consistant à juger les uns comme des charlatans et les autres comme des ignares, pour emprunter des chemins que ni les uns ni les autres n’auraient osé prendre s’il n’y avait pas eu ce temps de flirt. » Propositions autour de l’ensemble Télémaque 22 février de 10h à 12h - bilan de l’expérience mardi 8 mars de 10h à 12h(et non le 7 mars comme indiqué dans la brochure de saison) Propositions autour de la Compagnie Inespérada 28 mars de 10h à 12h - bilan de l’expérience lundi 4 avril de 10h à 12h « Le premier temps consiste à établir avec les participants ce que peuvent être leurs attentes concernant un spectacle : que peut-on attendre d’un travail de danse, d’un travail de performance, d’art plastique ou de théâtre ? En quoi cela attise notre curiosité, notre envie, notre part imaginative et artistique ? Questions adressées à ceux qui viendront voir le travail des artistes. Le second temps se déroule après avoir vu la proposition artistique, en tentant de décrypter l’écart entre ce que nous en attendions et ce que nous en avons vu. S’agit-il de déception, de surprise, de parfaite adéquation ? Ce temps servira d’analyse, non pas du travail lui-même, mais de tout ce dont nous l’avons chargé. Cet atelier ressemble à “une école de spectateur“. Mais il ne s’agit pas d’une école, plutôt d’un travail - qui peut s’avérer ludique - en soi, sur notre conception des arts vivants. »