MATTHIEU HOCQUEMILLER - CIE A CONTRE POIL DU SENS

POST DISASTER DANCE

Rencontre Avec le chorégraphe Matthieu Hocquemiller Le lundi 2 avril à 19h Ateliers danse Les 7 et 14 juin de 10h à 12h Présentation travail en cours Le 15 juin à 15h TRIDANSE Parcours régional d’accueils en résidence Tridanse est un dispositif d’accueil en résidence de compagnies chorégraphiques en trois lieux : Le Citron Jaune, Centre National des Arts de la Rue - Port-Saint-Louis du Rhône Le Vélo Théâtre - Pôle régional de développement culturel - Apt Le 3bis f - lieu d’arts contemporains - Hôpital psychiatrique Montperrin - Aix-en-Provence Tridanse accompagne chaque année le projet d’une compagnie afin de : permettre la réflexion, l’action et l’expérimentation d’autres relations aux artistes/ publics/ équipes des lieux favoriser l’émergence de nouvelles formes et écritures chorégraphiques d’inventer des modes d’accompagnement de projets de création prenant en compte à la fois les dimensions humaines et artistiques Pour l’édition 2012, Tridanse accompagne la compagnie À contre poil du sens, de Matthieu Hocquemiller (Montpellier) pour son projet de création Post Disaster Dance People Résidences et travail avec des amateurs du 14 au 25 mai : résidence au Vélo Théâtre du 4 au 15 juin : résidence au 3 bis f du 10 au 15 septembre puis du 1er au 11 octobre : résidence au Citron Jaune La création finale aura lieu le 11 octobre 2012 au Citron Jaune POST DISASTER DANCE PEOPLE Il s'agit d'un projet hybride autour de la post disaster dance : création de performances dansées et d'un court métrage documentaire. Si on devait définir la post disaster dance, on pourrait dire quelque chose comme ça : Née avec ce millénaire dans les milieux de la contre culture libertaire et particulièrement dans les communautés d’émigrés argentins du Queens, la post disaster dance se répand très vite dans la culture urbaine et underground. Indissociable d’une critique sociale de « l’après marchandise » et des expériences collectives novatrices qui l’accompagnent, elle est avant tout une énergie défoulatoire et festive : une réponse pertinente du corps à une époque. Elle emprunte beaucoup au contact des communautés émigrées à des formes de danses populaires comme la murga argentine et d’ évolutions contemporaines de danses africaines, elle en garde une notion forte de rituel et des formes de danses : seul, en couple ou collective. De façon évidente elle hérite aussi de l’esprit du punk rock et de la contre culture. Non compétitive, non performative, danse de l’urgence, elle attaque de front les notions d’esthétique et de bon goût jugées trop normatives : en ce sens elle ne craint ni l’absurde ni la fragilité. Elle cultive l’ambiguïté de genre à l’image du « queer » et affirme des valeurs de solidarité, et d’investissement du présent dans une société paralysée tantôt par la promesse tantôt par l’angoisse du futur. Gesticulations insensées et brouillonnes pour ses détracteurs, elle rejette toute codification physique au profit d’une créativité spontanée et volontiers exubérante : le seul point commun est un engagement physique qui la rapproche parfois de formes de transes. Pour le sociologue H.Haker la notion d’« engagement » est centrale dans le courant post disaster, réaction au culte de l’individu associé à la marchandise et au désastre, il est le maître mot de ces danseu(se)s littéralement plongé dans un bain sonore et physique. Haker le rapproche d’une volonté presque spirituelle de « se fondre » tout en développant une forte inventivité personnelle, il la définit ainsi comme « une danse du lien » qui est pour lui la première forme artistique d’un changement de paradigme. Evidemment, la post disaster dance n’existe pas. C’est malheureux car, comme nous venons de l’exposer, elle est tout à fait pertinente avec son époque. Il s’agit donc de l’inventer : les tenues, les codes, les fêtes et surtout les gestuelles... Cependant il ne s’agit pas d’une supercherie ou d’un simple « fake ». Non, le constat est celui ci : la post disaster dance n’existe pas mais de toute évidence elle devrait. L’objet de ce travail est donc bien le désir que l’on en a, qui est comme la part fantasmée d’une aventure collective, la part d’utopie que l’on y projette. Même si, évidemment, l’aventure a quelque chose de ludique, il ne s’agit donc pas d’une plaisanterie mais bien d’un travail sur « l’utopie » dansée.