Mathieu Ma Fille Foundation

SOUS NOS PAS ( The Hidden Side of the Polar Bear Express ®)

Le cycle Mémoires du Grand Nord est un triptyque. Chaque volet se crée, dans un premier temps, de manière quasi distincte. Ces modules gardent malgré tout un caractère intrinsèque, ils portent une mémoire de la littérature du Grand Nord, John Haines, Henry D.Thoreau… ou Jack London pour le volet 3. Une trace de ces écrits comme un lien permanent où chaque module annonce aussi le suivant. L’idée est bien sûr de présenter in fine les trois volets ensemble. Avant cette étape ultime, chaque volet affirme une indépendance, de production, de vie, de combinaisons (1) (3) (1+3) (2) (1+2) (2+3) (1+2+3)… Sous nos Pas (The Hidden Side of the Polar Bear Express ®) Mémoires du Grand Nord (1) est un Prologue (voilà ce qui a eu lieu, voilà ce qu’il va peut-être advenir). Un prologue chanté, une performance, un concert de première partie. Ce cycle reviendra sur les traces d’un homme, du héros dénué d’imagination de Construire un feu de Jack London. Car dans sa lutte avec le froid, l’homme est entrain de perdre. L’homme sombre alors dans un sommeil qui lui paraîtra le plus agréable qu’il eût jamais connu. Assis en face de lui, le chien attendait. Le temps de faire un rêve . Le rêve d’un chien sans nom qui ne reconnaît plus son maître. Le rêve d’un homme gelé qui convoite un bon bain chaud dans un hôtel à La Haye. Une tragédie où la comédie n’apparaît qu’en songe et travestie. Epilogue mérité. C’est aussi l’histoire d'hommes partis faire trois pas (souvent plus) dans ces territoires du bout du monde. Dans un isolement conscient et de la survie qui en découle alors. Henry D. Thoreau (deux ans d'isolement) qui au milieu de nulle part n'en a pas moins oublié de garder un lien avec son mentor, comme si "la vie de l'esprit était aussi naturelle qu'un arbre", John Haines (25 ans d'isolement) dira de son côté que le feu, les étoiles et la neige se lisent à livre ouvert et que le même texte s'écrit là depuis des millénaires et continuera à s'écrire sans lui. Face au blizzard, un feu qui s’éteint signifie la mort rappelle Haines. Le héros sans nom de Jack London, n'aura quant à lui, passé que quelques heures (vivant) dans sa tentative de rejoindre un camp basé à quelques milles de son point de départ. Ici aussi, un homme qui ne connaît pas ses limites est un homme mort. Ce pourrait être une parole de son chien, je n'invente rien, London lui donne déjà une conscience. Chaque volet est une forme courte, Sous nos pas avoisinera les 30 minutes. Ce prologue flirte avec le concert. Le second volet se construit au coeur du champ chorégraphique, le champ théâtral et musical, gagneraient quant à eux, la périphérie. Le dernier volet tend d’avantage vers une approche sonore, que musicale. Sous nos pas de et avec Arnaud Saury et Alexandre Maillard Co-production 3 bis f - Festival 30’30’’/ Bordeaux Visuel : Morgan Tepsic Ateliers : E la nave va Un récit est une structure flottante qui dérive. On peut lui adjoindre une voile de fortune, mais ce sont surtout les courants qui le guident. Aucun plan ne réside à sa construction et la limite entre l’intérieur et l’extérieur est indéfinie. J’emprunte ici des paroles de Gilles A. Tiberghien à propos du radeau. Disons que le récit au présent emprunte le même chemin. Nous tracerons nos routes sur un radeau de fortune. E la nave va. Site de l'artiste