CAMILLE LLOBET

VOIR CE QUI EST DIT

Résidence de création - octobre 2015 > janvier 2016 EXPOSITION Du 28 janvier au 1er avril Du lundi au vendredi de 13h à 17h et sur rendez-vous Entrée libre Le 3 bis f est fermé du 6 au 14 février Vernissage mercredi 27 janvier de 16h à 21h CONFÉRENCE de Camille Llobet Mardi 26 janvier à 18h30 Amphithéâtre de l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence Entrée libre dans la limite des places disponibles VISITE ET RENCONTRE AVEC L'ARTISTE / Interprétation en Langue des Signes Samedi 30 janvier à 10h L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau, d’Oliver Sacks décrit un cas pathologique : le docteur P. est incapable de voir les choses dans leur globalité et de les identifier. Son regard circule et se pose sur chaque détail d’un objet, d’un visage sans jamais pouvoir les relier entre eux, se retrouvant « visuellement perdu dans un monde d’abstractions inertes ». Camille Llobet voit dans ce type de modification du regard une approche particulièrement féconde pour interroger le réel et sa perception. Elle se l’approprie comme une posture impliquant une série de gestes et d’expérimentations : description, transcription, codage, fragmentation, agrandissement, etc. C’est ainsi qu’elle explore la perception de la parole et du mouvement par le biais d’expériences mettant en jeu et à l’épreuve différents aspects du « corps parlant » et du « corps filmant », à l’instar de Robert Bresson qui cherchait par une répétition excessive de ses acteurs, un automatisme plus proche de la vie réelle que de sa représentation. Voir ce qui est dit est une oeuvre réalisée avec Noha El Sadawy, performeuse sourde et Philippe Béran, chef d’orchestre, durant les répétitions de l’Orchestre du Collège de Genève. La direction d’orchestre et la langue des signes sont deux langages qui n’ont à priori rien à voir : l’un dirige des musiciens, l’autre parle avec des gestes. Ils vivent dans deux mondes antagonistes : la musique et le silence. Il y a pourtant quelques ressemblances entre ces deux figures, ces corps qui parlent : ils partagent à la fois une structure précise, technique, codée, et une grande part d’expression sensible. Leur expressivité exacerbée, rappelle les personnages du burlesque : le chef d’orchestre exagère son expression pour être vu de loin et les mimiques qui accompagnent la langues des signes correspondent à la prosodie du langage parlé. Cette exposition fait suite au projet de coopération transfrontalière ECHOS - ESAAA - Mamco, 2014-2015