Stéphane Protic

Variatio

Au sein d’un espace qui porte par traces son passé, Stéphane Protic oriente ses recherches, pour sa résidence de création au 3 bis f, autour de la notion de module architectural. Pour cette exposition, l’artiste opère un déplacement de sa pratique. Il met à distance la facture académique de ses dessins, les effets de drapés de ses installations monumentales, le classicisme de l’architecture, pour se rapprocher des préceptes du rationalisme architectural des années 1920 et voir dans les vestiges d’anciennes cellules de contention, aujourd’hui espaces de monstration, des unités minimales d’habitation à l’échelle du corps humain. Une construction entre sculpture, installation, design et architecture, occupe l’espace principal d’exposition. À l’instar des Cellules d’Absalon, elle se manifeste dans toute son immaculée blancheur, à l’intérieur comme à l’extérieur. De par sa facture et sa réalisation à l’échelle, elle ouvre un espace, potentiellement fonctionnel, entre spatialité réelle et imaginairePar leur qualité, les cellules sont plus des « espaces-mentaux » que des « espaces-physiques ». Comme des miroirs de mon intérieur, elles me seront familières [2]. Praticable au même titre que les réalisations passées de l’artiste, elle agit pourtant comme un négatif de ces dernières tout en renouant avec les origines de sa pratique. Le polyéthylène noir cède la place à la blancheur du plâtre, le principe d’architecture d’urgence, de fortune, de Shigeru Ban à celui d’habitation de Le Corbusier. L’ensemble d’œuvres présentées dans l’exposition repose sur une certaine idée de travailler au corps le bâti, depuis l’esquisse à la main sur le papier jusqu’à l’édification ; depuis une conception architecturale jusqu’à une expérience sculpturale, minimale, et performative. Variatio interroge les relations étroites entre corps et habitat. Une notion d’habitat, qui, d’un point de vue architectural prend en compte les relations entre l’homme et son espace vital, en résonance avec l’idée de positionnement spatial et social, tandis que lexicalement parlant, « habiter », dans sa forme passive, ouvre sur un état d’être. Stéphane Protic est né en 1982 à Sète. Il vit et travaille à Marseille Photographies © Jc Lett