Alicia Framis

I’m in the wrong place to be real

Artiste pluridisciplinaire, Alicia Framis aborde la relation comme matière. Et plus particulièrement, pour Bernard Vouilloux, la relation en tant qu’elle dépasse l’opposition classique de l’individu et de la société pour rapporter chacun à soi-même comme à un autre ; la relation tant qu’elle se noue dans l’événement de la rencontre pour développer un nouveau potentiel social [2] Le travail d’Alicia Framis, qu’il prenne la forme de performances, vidéos, ou d’installations, se construit dans le rapport de l’individu à l’espace, qu’il soit intérieur, intime, tribal, social, ou urbain. Dans ses interventions, elle propose au public, un contact direct, physique, émotionnel, et crée des conditions d’expériences et de situations inhabituelles.Retour ligne automatique Une parole de chanson fredonnée par un passant, dans les rues de New York donne le titre de l’exposition : I’m in the wrong place to be real ; une parole entêtante, l’écho d’une sensation à la fois particulière et universelle. S’interroger sur sa place dans une relation, un lieu, une ville, un pays, et plus globalement dans le monde, ou plus exactement sur ce sentiment, temporaire ou permanent, de ne se sentir ni vraiment à sa place, ni vraiment réel. Pour sa résidence de création au 3 bis f Alicia Framis poursuit une recherche, initiée en 2012 intitulée Forbidden Rooms, autour des frontières invisibles dressées à l’intérieur de notre civilisation. Le fruit de ses recherches est rassemblé sous la forme d’un plan, The Forbidden Floorplan, qui lui-même a donné corps à la maquette Floorplan of Forbidden Rooms, où l’on découvre un répertoire d’actions répréhensibles au regard de systèmes de lois morales ou juridiques, culturelles ou religieuses. L’architecture miniature se déploie en un labyrinthe où chaque visiteur peut élaborer un parcours mental qui lui est propre, traverser les espaces, les interdits. Photographies © Jc Lett