Llobet

Camille

À l’instar de John Hull qui perçoit les paysages à travers la diversité sonore de la pluie, les troubles sensoriels m’apparaissent particulièrement féconds pour interroger la perception du réel et engendrer de nouvelles formes artistiques. J’explore la perception de la parole et du mouvement par le biais de performances mettant en jeu et à l’épreuve différents aspects du « corps parlant » et du « corps filmant ». Les enregistrements de ces expériences prennent ensuite la forme d’installations vidéos et sonores jouant sur les postures, les distances et les trajectoires possibles au sein de l’espace d’exposition. Je m’intéresse particulièrement à la notion de prosodie – le débit, le rythme, l’intonation du langage parlé. C’est la première chose qui fait sens chez l’enfant dans l’apprentissage de la langue : il en perçoit d’abord les contours prosodiques (avant que les mots et phrases ne fassent sens) et l’expérimente dans des sortes de babillages intonatifs. La prosodie peut aussi excéder sa fonction linguistique quand une situation prend le pas sur la syntaxe comme la voix radiophonique du commentaire sportif mimant l’action invisible ou l’accompagnement vocal de la sage femme qui suit les contractions, les poussées, les respirations de la mère pour l’encourager. Camille Llobet est diplômée de l’école supérieure d’art d’Annecy en 2007. Elle a réalisé plusieurs expositions personnelles, notamment avec les Galeries Nomades de l’IAC de Villeurbanne en 2010 et au Centre d’art de Vénissieux en 2014 et a également pris part à des expositions collectives comme Rendez- vous, dans le cadre de la Biennale d’art contemporain de Lyon en 2011 et Les nouvelles Babylones au Centre d’art du Parc Saint Léger en 2013. Une première monographie portant sur son travail est publiée aux Éditions ADÉRA en 2013. Au 3 bis f, Camille Llobet poursuit son exploration des contrées du langage et travaille à la création d’une exposition autour du projet Voir ce qui est dit développé à Genève, entre janvier 2014 et juin 2015, dans le cadre du projet ECHOS – ESAAA – Mamco. Site de l'artiste