DENIS BRUN

Fan Club 3000

FAN CLUB 3000 Exposition du 15 juin au 5 juillet Thawing the cold wave Exposition ouverte de 13h à 17h, du mardi au vendredi et sur rendez-vous. Vernissage le 15 juin à 18h30. Des visites gratuites sont organisées : Découvrez le 3 bis f comme vous ne l’avez jamais vu ! mardi 19 juin à 18h vendredi 22 à 13h mercredi 27 à 15h jeudi 28 à 18h30 mercredi 4 juillet à 14h jeudi 5 à 10h Réservations auprès de Charlotte au 04 42 16 17 75, ou par mail contact@3bisf.com Cette installation, issue d’un travail en résidence de plusieurs mois au 3 bis f, à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique Montperrin, présente un ensemble composé d’éléments disparates. Objets, assemblages, sons et vidéos, (deux vidéos réalisées dans le cadre d’une création collective). Parcours Denis Brun avait déjà mis à son service de façon indifférente tous les médias à sa portée. Collages et assemblages qu’il a nommé « peintures molles », sur lesquelles des petits souvenirs du quotidien sont mis sous conserve, sous blister, derrière un film de plastique. Vêtements, robes pour les hommes et pour les femmes, écrits, photographies, vidéos. Il compose de la musique sur ordinateur, et joue dans un groupe. Réalité Toutes ces pratiques lui permettent « d’appréhender la réalité * », dans le désir de la figer, de la glacer. De la rejeter immédiatement dans un passé plus ou moins proche. Cette mise à distance de ce qui arrive, de l’expérimentation, apparaît nettement dans ce travail de samplage/montage, aussi bien en matière de sons, que d’images ou d’objets, de tous ces éléments qu’il met à sa disposition, à son service. Il serait d’ailleurs plus exact de parler de prendre ses dispositions ou de disposer de la réalité. Il demande ainsi l’acceptation de sa vision à tous ceux qui participent de près ou de loin (qui se prêtent, qui se donnent), à l’élaboration de cette glaciation (cold wave, nous y reviendrons). Il ne reste visible que ce qui dépasse visuellement, ce qu’on peut voir ou entendre. Ce qui est fabriqué n’a pas de frontières, de limites nettes. Imaginaire collectif et vidéos Le médium vidéo se prête à l’investigation du champ privilégié de Denis Brun : « la zone d’interférences entre le moi et l’imaginaire collectif, - entre le film que je me raconte dans ma tête et ce que je reçois consciemment et involontairement du monde extérieur.* » mais ici réalisé collectivement, avec des personnes « non artistes a priori ». Personnes investies et pourtant cachées, puisque dans ces vidéos les personnes portent des masques, sont éclairées de loin en loin, ou inconnues même de Denis Brun (films trouvés). Cette liberté recherchée dans ce médium est sous tendue en permanence par les exigences rigoureuses qui relient les différentes apparitions de ce travail. « D’une certaine manière, les vidéos de Denis Brun actualisent la quête surréaliste dans ces narrations syncopées, feuilletées, morcelées, qui entremêlent l’imaginaire de la science a la science-fiction, au skate et au punk* » Cependant Denis Brun a l’habitude de se donner des règles strictes, qui lui permettent d’aller au bout de l’expérience souhaitée. Il se raconte des scénarios en permanence, tentant de les réaliser avec le contexte. Ces deux vidéos ont été réalisées avec toutes ces personnes, dont aucun « moi » ne devait déborder, ou parasiter les autres « moi ». Le sien compris. Chacun reste visible, sous son écran plastique, ou papier ou tissu. Chacun développe sa narration, son univers et impose une présence réelle et cependant fantasmagorique. David Lynch Denis Brun dans ses expérimentations, fait référence à David Lynch de Eraserhead à Inland empire, incluant également les feuilletons, dont Twin Peaks. Ceci de façon formelle, ou dans sa recherche d’effets. Eraserhead, 1976, est un « film-cauchemar traumatisant, tourné dans un noir et blanc crasseux. Mulholland Drive, 2000 se situe entre conscience et inconscience. Inland empire, 2007 est un film contenant un film. Il est fréquent qu’un film présente des extraits de films. Cela peut être un moyen d’invoquer rapidement des faits passés, par exemple lorsque un personnage est lui-même un acteur ou a participé à un événement représenté au cinéma. L’inclusion de films dans un film permet des effets de flashbacks, de mise en contexte et peut servir aussi bien à des effets décalés ou comiques. Inland empire est un « assemblage sans intrigue de fragments explorant les thèmes sur lesquels Lynch a travaillé pendant des années » On suppose enfin que le film inclut plusieurs scènes d’hallucination. Espace - Fan Club 3000 - Hôtel Dans cette installation, chaque élément, donnant une indication de l’espace « hôtel », est individualisé, travaillé par strates, en superposition. L’hôtel est présupposé par les différents éléments de l’installation, bouteilles de champagne, accueil, lustres ... et lumières éparses. Les sons, éparpillés à travers l’espace, ouvrent un univers de composition. Non pas une linéarité de la narration mais des affluences, des remontées, des bulles, des îlots, des émergences de formes. Une cascade de palettes, un lustre dégoulinant, une table de morgue à autopsie en marbre, des valises posées depuis si longtemps que les fleurs y poussent... un inventaire sans fin d’objets hétéroclites, remis au goût du jour, L’objet qui pourrait résumer au mieux le processus de ce travail, serait de s’imaginer une de ces lampes 70, dans laquelle des matières molles et colorées, au sein d’un liquide transparent, recomposent sans cesse des formes cellulaires, dès que l’appareil branché chauffe. Temps Cette allégorie du temps passé, et de cette recherche des sensations anciennes, menant à de nouvelles expériences, est « un classique » de la création que Denis Brun ne renie pas. Cependant il émerge de ce travail une inquiétude, face à cet objet qui apparaît dans un temps légèrement décalé. Se référant à l’installation de Dan Graham, Present continuous - past(s), 1974, Elie During citant Bergson affirme que « la formation du souvenir n’est jamais postérieure à celle de la perception ; elle en est contemporaine. Au fur et à mesure que la perception se crée, son souvenir se profile à ses côtés, comme l’ombre à côté du corps ; Mais la conscience ne l’aperçoit pas d’ordinaire, pas plus que notre œil ne verrait notre ombre s’il l’illuminait chaque fois qu’il se tourne vers elle « Bergson, l’énergie spirituelle. (...) le présent se dédouble à tout instant, dans son jaillissement même, en deux jets symétriques, dont l’un retombe vers le passé tandis que l’autre s’élance vers l’avenir (...) ; De là deux mois différents dont l’un, conscient de sa liberté, s’érige en spectateur indépendant d’une scène que l’autre jouerait d’une manière machinale ». C’est dans ce retard duchampien, que Denis Brun ouvre un espace infra mince, et pourtant espace de subversion puissant. Chacun aura à se positionner, à trouver sa place, à l’intérieur Musique électronique - sons De la même façon que la recherche des sensations perdues est un classique, la reprise des standards de rock est une base de la création musicale. Il arrive que des accélérations éclatantes naissent de cela et donnent des sensations fraîches. La cold wave, forme musicale des 80’s, où les voix sont « blanches », froides et électroniques, est citée par Denis Brun comme étant un des éléments constitutifs de ses montages. La musique électronique, par sa fabrication en constitue une forme référente. C’est la pureté originelle du son/image qui est sans cesse recherchée. Il s’agit réellement pour Denis Brun d’annihiler toute immédiateté au profit d’impressions mémorielles. Mais en créant une perception parallèle, en dehors de tout temps et espace. Fan Club 3000 - 3 bis f - Marie-Louise Botella-Gragez * Sylvie Coëillier (in catalogue du FRAC Paca, Prêts à prêter FRAC - Acquisitions 2000/2004 . Fan Club 3000, atelier vidéo Il s’agit de tourner une vidéo se déroulant dans le 3 bis f transformé en hôtel dont les occupants, portant des masques, incarneraient un rôle onirique plus ou moins mystérieux, suivant leurs envies, leurs possibilités et leur relation à la caméra. Le tout sera immergé dans une musique créée pour la circonstance par Denis Brun et d’autres musiciens. Une seconde prise de vue sera faite dans le cadre de portraits fugaces, pris dans le noir à la lampe électrique. Face à la caméra, ces visages évoqueront une présence fantomatique, telle une figure récurrente du cinéma fantastique ou un clin d’œil à David Lynch. “Nous fabriquerons des masques et inventerons ensemble les rôles que chacun voudra bien jouer face à la caméra. Nous fabriquerons sur mesure les personnages que nous aurons envie de jouer, sans aucune limitation vestimentaire ou de scénario.“ D.B. L’atelier aura lieu les : 2 avril : 10h à 12h et 14h à 16h 10 avril : 14h-16h 11 avril : 10h-12h 2 mai : 10h-12h et 14h-16h 3 mai : 10h-12h 9 mai : 10h-12h et 14h-16h 10 mai : 10h-12h 30 mai : 10h-12h et 14h-16h 31 mai : 10h-12h