AURELIE PETREL

Mémento

Exposition, installation du 28 novembre au 18 décembre 2008 Vernissage le 28 novembre à 18h30 Des visites sont régulièrement organisées, n’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez y participer. AURELIE PETREL Tombé du ciel Ecriture visuel et sonore Exposition du 28 novembre au 18 décembre - Vernissage le 28 novembre à 18h30 Aurélie Pétrel est née en 1980. Elle vit et travaille à Lyon. Diplômée des Beaux-Arts de Lyon, Aurélie Pétrel crée des installations photographiques assimilées à des sculptures d’images. Elle capte ces instants suspendus où tout pourrait basculer : le béton menace la clairière, la pellicule prend feu, la neige pourrait cesser, le train pourrait partir et abandonner les passagers imprudents descendus lors d’une halte en Sibérie. Le sentiment de la vie est là, infime et tenace. Les images d’Aurélie Pétrel ravivent la mémoire des lieux et livrent la beauté massive et lancinante de l’architecture. C’est à partir du concept de « cité autonome » qu’elle a construit ce projet Tombé du ciel. Elle entend par là ce qui donne à l’hôpital Montperrin une certaine autonomie vis-à-vis de la ville d’Aix-en-Provence. Les architectes de 1880 ont mis en place des circulations, des formes, des installations qui permettaient aux « habitants » de vivre, sans contact avec la ville, ou très peu. Une ferme permettait comme dans de nombreux hôpitaux psychiatriques, à l’instar des monastères, de nourrir cette population. A présent, bien que ce système ait disparu, et que l’hôpital moderne échange avec la cité, les traces de cette organisation sont encore sensibles, et inscrivent des parcours, des manières d’utiliser le lieu, des façons de faire au quotidien, dans le présent, des relations entre les personnes. C’est à la recherche de ces inscriptions, qu’Aurélie Petrel et le groupe de travail qui s’est constitué autour de ce projet sont partis. A la recherche de ce temps qui revient, qu’on évoque, que chacun revit dans chacun de ces gestes au quotidien... Il est intéressant de constater comme la question du temps est souvent liée à celle de l’infini. La boucle est supposée ne s’arrêter jamais. Dans Le Jardin aux sentiers qui bifurquent (1944), in Fictions, Borges aborde la question sous un autre angle : le temps n’est pas infini dans la durée mais il y a une infinité de temps possibles. Ce récit met en scène un labyrinthe qui serait fait de bifurcations temporelles : « Nous n’existons pas dans la majorité de ces temps ; dans quelques-uns vous existez et moi pas ; dans d’autres, moi, et pas vous ; dans d’autres, tous les deux » (Jorge-Luis Borges, Le jardin aux sentiers qui bifurquent dans Fictions, Gallimard, coll. Folio, 1983, p.103.). Ce récit peut être lu comme un des principes de base de fonctionnement du montage : sa construction se fait souvent par bifurcation. Il y a plusieurs chemins possibles, et non un seul. Comment assemble-t-on différents moments filmés ? L’œuvre échappe à la linéarité, et par là produit une forme différente de temporalité. Alain Resnais a porté à l’écran en 1993 cette question des carrefours d’avenirs potentiels avec Smoking/ No Smoking : chaque scène fait l’objet d’une bifurcation de l’histoire possible, à commencer par le titre lui-même. Le spectateur doit déjà choisir s’il veut voir Smoking ou No Smoking. Mais c’est le seul choix qu’il a, et si le spectateur peut effectivement voir les multiples bifurcations possibles, il ne peut cependant plus les choisir... Cette vidéo est le fruit de collaboration d’écriture, à partir des gestes quotidiens de chaque personne associée au projet, donnés à lire à une autre personne, puis réécrite, et « dansée » par d’autres. Le choix dans la vidéo est donné aux acteurs. Puis à l’artiste qui monte les séquences ; Les spectateurs assistent à ces performances, comme formes finales mais que l’on sent pourtant « tordues » par le temps. Ou passées au travers d’un filtre. Deleuze donnait comme définition du temps, que « le présent qui passe est ce qui définit l’actuel ». Ce qui a été n’est déjà plus. Le temps paraît alors être un matériau modelable, jouable. Aurélie Pétrel donne à voir le changement, elle « sculpte le temps », à l’image de cet objet « tombé du ciel » dont la forme semble mouvante, contrainte par des forces extérieures invisibles. Comme s’il avait subi un changement d’état. L’installation présente une vidéo, petites chorégraphies du quotidien ; un objet sur lequel sont posées quatre photos éclairées, photos de paysages, personnages et intérieurs, qui nous font passer d’un pays lointain à l’hôpital ; une photo imprimée sur plexiglas. Chaque élément renvoie à l’architecture, à l’usage de l’espace, mais aussi à la lumière, et à sa vitesse. L’œil capture des éléments qui paraissent essentiels à la compréhension de l’histoire, puis se perd à nouveau. L’installation a été crée et produite pour le 3 bis f, et sera présentée à l’occasion de portes ouvertes à Lyon. Avec le concours du service technique de l’hôpital Montperrin. Mémento Atelier d’écriture visuelle et chorégraphique Propositions en 3 sessions : croquis, dessins, photographies, chorégraphies 1, 2, 20, 21 octobre, 13 et 14 novembre 2008 de 10h à 12h et de 14h à 16h. Il s’agira pour les participants de l’atelier d’effectuer un relevé de leurs emplois du temps, du lever au coucher du soleil, à travers un ensemble de croquis, dessins, photographies... Comme une synthèse du quotidien à travers un travail de mémoire. Chacun des parcours quotidiens donnera lieu à une récolte de gestes, de pas, d’allers-retours, de lieux... Ces relevés serviront de matière première pour réaliser, par groupe de 2 ou 3, des chorégraphies qui s’inspirent des images récoltées pour donner la lecture synthétique d’une journée. Chacune des interprétations sera filmée afin qu’une vidéo retraçant l’expérience puisse être réalisée.