CIE SOLEIL VERT

Mon corps est nul

Ouverture sur le travail en cours le vendredi 21 novembre 2008 à 19h entrée libre dans la limite des places disponibles, réservations conseillées au 04 42 16 17 75 Le spectacle sera présenté au théâtre Antoine Vitez en janvier 2009 : mardi 13 et vendredi 16 à 20h30, mercredi 14 et jeudi 15 à 19h. Renseignements réservations au 04 42 59 94 37. "J’ai le sentiment de vouloir placer mon rapport au théâtre comme la science-fiction se place dans la littérature. En tant que questionnement et aussi comme principe actif, outil, éclairage, point de vue... voire virus contaminant peu à peu le champ du réel, constituant un système permettant d’appréhender, de dire le monde. Le projet « Mon Corps Est Nul » se créera dans cet état d’esprit Pour ce nouveau projet, je veux continuer de creuser le sillon d’un travail sur « la parole comme principe de vie », continuer à questionner une parole détachée de toute volonté de communication, Faire exister un territoire propice à l’affirmation d’un état d’être irrémédiablement parlant, Jouer avec l’idée de la parole comme d’un phénomène vital au même titre que la respiration. Une idée de la parole détachée de tout effort volontaire, de toute décision... Une parole en fuite... Un glissement du « je parle » vers un « ça parle » Bref, la seule nécessité de devoir se constituer et de s’affirmer en tant qu’ « être parlant » Continuer ce travail de la confusion et de l’épuisement à travers la mise en scène d’êtres perdant toute notion de séparation entre parole et pensée, entre voix intérieure et voix communicante... Ce projet ne mettra pas en scène un texte théâtral ou littéraire prédéterminé. Et pourtant je vais faire appel (pour la seconde fois) à la collaboration d’un écrivain complice : Arno Calléja Arno Calléja travaillera au cours des répétitions à l’écriture d’une partition destinée à prendre le relais des acteurs (improvisateurs de leur propre parole) au cours du spectacle Ce spectacle doit entretenir la confusion entre texte écrit et parole improvisée Au début, les acteurs improvisent : c’est clair ! à la fin, les acteurs parlent un texte écrit et appris par cœur : c’est sûr ! Mais entre les deux la frontière nous restera obscure... Un glissement se sera produit, mais sans pouvoir vraiment dire quand ! Tout ce spectacle n’est au fond que l’histoire d’un glissement, un déplacement, une dérive, une bascule, une métamorphose, un lâché prise...entre deux certitudes, deux réalités, deux temporalités, deux mondes... Ce spectacle est une plongée, une noyade, et puis un apaisement... Ce spectacle est une histoire d’abandon... Avoir une opinion sur tout On parle sans s’écouter Ne jamais tourner sept fois sa langue dans sa bouche Ne pas toujours penser à ce qu’on dit mais ne pas douter d’avoir toujours raison Donner les signes du dialogue mais continuer son monologue Ne pas chercher à mentir mais ne pas se soucier de la vérité Être subjectif, jamais d’objectivité La communication d’aujourd’hui entretient l’idée que le dialogue ne serait basé que sur l’écoute de l’autre, alors que bien souvent on a seulement besoin de l’autre pour pouvoir s’écouter soi-même et se comprendre un peu Pour ce projet on se rendra compte bien souvent qu’il s’agit en fait de monologues déguisés en dialogues. Je veux m’intéresser à ceux qui vivent dans, avec et pour leur tête Ceux qui investissent toute une vie dans la parole et la pensée Ceux qui pensent et qui parlent comme ils respirent. Parce que ça leur semble être le plus important Parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement Je m’intéresserai plus spécialement aux corps de ceux qui nous expliquent avec passion des choses sérieuses sur des sujets important et difficile à comprendre, aux corps de ceux qui nous demandent de leur prêter attention, aux corps qui se mettent en colère pour défendre une idée, aux corps révoltés ... Mais aussi au corps de celui qui se sent injustement attaqué, qui se défend, se justifie et par là même s’enfonce... Ces corps ne sont pas armés pour se protéger du ridicule et n’y échapperont pas Corps empêchés, corps abîmés, corps qui se cognent... Bref je veux mettre en lumière un corps qui ne cherche pas son propre bien-être, mais un corps contraint de soutenir une tête parlante et un cerveau pensant. Avec ce spectacle, je souhaite montrer une forme de vérité des êtres pris dans les questions et les contradictions du monde occidental Pour ce projet, j’aurai besoin d’acteurs bavards, ayant le goût de la parole et qui puissent pleinement trouver leur plaisir dans le seul fait de parler et qui ne font pas de la souplesse leur métier ! Les éléments fictionnels devront êtres puisés directement à partir de la singularité des acteurs. Ce travail induira le fait qu’à partir de soi-même on peut représenter bien plus que soi-même." Laurent de Richemond Conception et mise en scène : Laurent de Richemond Avec : Jocelyne Monier, Pascal Farré, Paul-Emmanuel Odin et Barbara Sarreau Création texte : Arno Calléja Création sonore : Virgile Abela Conception des éléments scéniques : Guillaume Amiard Création lumière, construction décors et régie : Thomas Moch Atelier d’enregistrements sonores Le bruit du monde Les mercredis 5, 12, 19 novembre 2008 de 14h à 16h "Je voudrais partager avec vous ce rapport à « la parole comme principe de vie » qui est au cœur de notre travail de création actuel Il s’agira d’abord d’un jeu On pioche un papier Et tout de suite on a quelque chose à dire Une opinion sur tout On ouvre, sans complexe, notre robinet à parole Et on laisse couler tout ce qui nous passe par la tête Parler comme on danse, parler comme une danse Parler avec liberté, plaisir, ivresse... Il n’y aura aucune obligation d’intelligence Aucun jugement sur ce qui est parlé l’essentiel c’est de parler, et d’aimer parler Parler, ce n’est pas seulement dire des choses Parler, c’est aussi s’écouter soi-même et se comprendre un peu On parle tous en même temps et parfois on est seul Tantôt il y aura du silence, tantôt il y aura de la musique Parfois aussi on parle mais aucun son ne sort (comme un film auquel on a coupé le son) Parfois encore on pioche un papier Et tout de suite on a quelque chose à faire Avoir une opinion sur tout On parle sans s’écouter Ne jamais tourner sept fois sa langue dans sa bouche Ne pas toujours penser à ce qu’on dit Mais ne pas douter d’avoir toujours raison Donner les signes du dialogue mais continuer son monologue Ne pas chercher à mentir mais ne pas se soucier de la vérité Être subjectif, jamais d’objectivité Nous aimerions aussi mettre à profit cet atelier pour créer à partir de vos flux de parole une composition sonore que nous intègreront à la bande son de notre spectacle Il ne s’agira pas de paroles individualisées Mais d’un brouhaha, un cœur de vos paroles entrelacées Tout sera donc enregistré pour créer avec vous « Le bruit du monde" Laurent de Richemond Coproductions : Théâtre Antoine Vitez, 3bisF Résidences : 3bisF, Friche Belle de Mai Avec le soutien de la Ville de Marseille