EXPOSITION COLLECTIVE

A rose is a rose is not a rose

Dessins, photographies Bettina Samson - Géraldine Pastor-Lloret - Laurent Terras - Francesco Finizio Alexandra Pellissier - Alexandre Périgot - Valérie du Chéné - Noël Ravaud - Arnaud Maguet .. du 14 au 29 janvier 2009 Vernissage le mardi 13 janvier à 18h30 Exposition ouverte du lundi au vendredi, de 13h à 17h et sur rendez-vous. L’exposition sera exceptionnellement fermée le jeudi 29 janvier. Métaphores La métaphore, figure d’analogie, réunit-elle différents arts, transporte-t-elle savoirs et arts entre différents domaines scientifiques et artistiques ? Permet-elle de faire face à ces incertitudes, est-elle un moyen de connaissance transmissibles ? Le fait que les artistes utilisent des termes et méthodes de travail et de recherche empruntés à des domaines différents leur permet-il de s’approprier des savoirs ou des savoir-faire particuliers ? Ces savoirs font-ils évoluer leur art ? À l’inverse, les sciences se nourrissent-elles avec les métaphores de qualités plus proprement artistiques ? Les métaphores permettent-elles de reconnaître des démarches semblables, sont-elles l’image de liens entre des disciplines diverses ? Expériences « Chacun s’accorde aujourd’hui sur le fait que le savoir et l’innovation sont la condition majeure du développement des sociétés. Or, il existe deux mondes qui font de ces ressources leur alpha et leur oméga : les arts et la recherche scientifique et technique. » Ainsi débute l’essai du sociologue Pierre-Michel Menger : Portrait de l’artiste en travailleur. Métamorphoses du capitalisme. Au XXe siècle, certains artistes ont contesté, imité, soutenu puis infiltré les mondes de l’usine et plus tard de l’entreprise mondialisée. Par là, ils ont contribué à accompagner les évolutions des conditions de travail et, parfois, préfiguré d’importants changements. Dans son livre Portrait de l’artiste en travailleur (2002) le sociologue Pierre-Michel Menger fait un parallèle entre la précarité actuelle et celle avec laquelle les artistes composent. " Dans les représentations actuelles, l’artiste voisine avec une incarnation possible du travailleur du futur, avec la figure du professionnel inventif, mobile, indocile aux hiérarchies, intrinsèquement motivé, pris dans une économie de l’incertain, et plus exposé aux risques de concurrence interindividuelle et aux nouvelles insécurités des trajectoires professionnelles ". Authentiques expériences Cette exposition se propose d’entrevoir ce sur quoi reposerait la créativité artistique par rapport à d’autres formes de créativité. Dans Art as Experience, John Dewey s’efforce de rétablir le lien entre art et quotidien. Il se dresse contre l’idée qu’une théorie esthétique ait à parler uniquement d’œuvres d’art une fois achevées. « Couper un objet d’art à la fois de ses conditions d’émergence et de ses effets dans l’expérience, c’est l’entourer d’un mur qui occulte presque entièrement cette signification générale que vise la théorie esthétique. L’art est renvoyé dans un domaine réservé, sans rapport avec les moyens et les fins qui expriment les efforts, les peines et les conquêtes de l’homme. Aussi celui qui entreprend d’écrire un ouvrage sur la philosophie de l’art doit-il commencer par renouveler la ligne de l’expérience, et les événements, les activités et les souffrances quotidiennes dont se tisse, comme on sait, l’expérience humaine. » Au quotidien, nos actes et nos perceptions se trouvent simplement juxtaposés sans être intégrés les uns dans les autres ; certaines perceptions sont abandonnées en cours de route, sans cohérence, et sans souci de cohérence. Comme l’écrit Dewey : « C’est le règne de la séparation, de la dissolution, il ne règne pas d’accord entre ce que nous observons et ce que nous pensons, entre ce que nous désirons et ce que nous obtenons. Nous nous mettons au travail, puis nous nous arrêtons ; nous commençons, puis nous laissons tomber - non pas que le but de l’expérience, en vue duquel celle-ci a été entreprise, ait été atteint, mais en raison d’interruptions extérieures ou d’une léthargie intérieure. » Ces “expériences appauvries, incomplètes, courantes, ne sont pas d’authentiques “expériences car elles ne pourraient donner lieu à aucune communauté. Dewey donne cette définition de l’expérience aboutie qui pourrait s’appliquer aux œuvres d’art : “Un travail est achevé de manière satisfaisante ; un problème trouve sa solution ; un jeu est mené à son terme ; une situation est si bien construite qu’elle prend fin sur un accomplissement et non sur une rupture - qu’il s’agisse de prendre un repas, de conduire une partie d’échecs ou une conversation, d’écrire un livre ou de participer à une action politique. Une telle expérience représente un tout, elle possède ses caractéristiques propres et son autonomie intérieure. Elle est une expérience. » Marie-Louise Botella-Gragez Le titre de l’exposition est tiré de l’ouvrage de Denis Jamet (linguiste) A rose is a rose is (not) a rose : De l’identification métaphorique ? "Rose is a rose is a rose is a rose" est un texte de Gertrude Stein, poème du recueil Sacred Emily,1913.A rose is a rose is a rose signifie pour elle que les choses sont ce qu’elles sont, et que le poète en utilisant le nom de la chose la rend réellement présente. Roméo et Juliette, Shakespeare « Oh ! sois quelque autre nom ! Qu’y a-t-il dans un nom ? Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom. Ainsi, quand Roméo ne s’appellerait plus Roméo, il conserverait encore les chères perfections qu’il possède... Roméo, renonce à ton nom ». « What’s in a name ? That which we call a rose. By any other name would smell as sweet." En partenariat avec La Galerie, Noisy le Sec, pour les œuvres de Bettina Samson, Coproduction RLBQ et Astérides, avec le soutien de Culturesfrance et du Conseil général des Bouches-du-Rhône. Remerciements à Gee Jung Jun Remerciements à : VF, galerie, Marseille